Produire des euros

Sur le site francophone friends against wind vient de paraître un texte clair et bien élaboré d’Antoine Waechter : « Le scandale éolien – Le développement de l’éolien terrestre repose sur une escroquerie intellectuelle et politique. » Antoine Waechter est un homme politique français, membre du Mouvement écologiste indépendant (MEI). Il fut le candidat des Verts à l’élection présidentielle de 1988 et député européen de 1989 à 1991.

Le texte traite la situation française, bien spécifique avec son accent sur le nucléaire comme source d’énergie. Mais d’autre part, il y a aussi tant de ressemblances avec la situation wallonne, que j’ai cru pouvoir reprendre en grande partie le texte de Waechter en l’adaptant ici et là au contexte belgo-wallon. Alors voici.

 

Après avoir colonisé les champs de betteraves et de céréales du Hainaut, les aérogénérateurs investissent dorénavant les reliefs boisés des Ardennes, dénaturant les plus beaux territoires de la Belgique et dégradant l’environnement de dizaines de milliers de personnes.

L’énergie éolienne a, semble-t-il, la sympathie d’une petite majorité de nos concitoyens, mais suscite des dizaines de procès devant la juridiction administrative, jusqu’au Conseil d’État. Cette réalité contrastée oppose ceux qui ne connaissent que les photographies de pales blanches sur un fond de ciel bleu à ceux qui vivent la proximité de ces monstres technologiques. L’adhésion repose sur une double escroquerie intellectuelle et politique : l’éolien serait nécessaire pour se passer du nucléaire et pour limiter les gaz à effet de serre, plus largement l’avenir appartiendrait aux énergies renouvelables.

Au niveau actuel de consommation énergétique, le renouvelable est parfaitement incapable de remplacer les énergies à haute densité comme le pétrole et l’atome. Il serait nécessaire d’abîmer tous les cours d’eau, de piller la forêt et de couvrir la Belgique de panneaux solaires et de mâts géants pour atteindre cet objectif. Le cœur de la transition énergétique ne peut raisonnablement être qu’une réduction radicale de la consommation : tous les connaisseurs en conviennent. L’escroquerie politique est de taire cette vérité. Au contraire même, on encourage l’accroissement de la consommation d’électricité, par exemple par une électrification du parc des voitures de société. L’investissement dans les nouvelles technologies de production d’électricité en veillant à ne rien changer à nos modes de vie et à notre organisation socio-économique consiste à poursuivre le modèle de développement à l’œuvre depuis près de deux siècles. C’est plus confortable politiquement … et nous achemine vers l’impasse en toute bonne conscience.

En général, l’éolien n’a qu’une place instable dans le mixte énergétique belge ou wallon. Une énergie aléatoire suppose des relais rapidement mis en œuvre, comme des centrales hydroélectriques ou des centrales thermiques. En Belgique, le développement des centrales au gaz semble être le corolaire obligé de l’éolien. En d’autres termes, le développement de l’éolien exige le développement conjoint de centrales mobilisant des énergies fossiles et ne constitue pas, en soi, une réponse à la dérive climatique.

Des milliers de personnes en souffrance

La multiplication des parc éoliens massacre les paysages et provoque la souffrance de milliers de personnes. Pour atteindre la rentabilité, les développeurs installent dorénavant des engins de 200 mètres de haut (pâles + mât), soit quatre à six fois plus que les objets déjà existants comme les clochers, les flèches de cathédrale, les pylônes de lignes très haute tension …

De grands voiliers, comme les rapaces, sont tués par les pâles, tandis que les poumons des chauves-souris éclatent sous l’effet de la dépression d’air créée par leur mouvement. Chaque éolienne vide un espace d’environ 1,8 hectare de tout vertébré (oiseaux et mammifères notamment), soit neuf hectares par zone de cinq machines, ce qui est sans incidence majeure dans un champ de maïs ou dans le port d’Anvers par exemple, mais très impactant au-dessus d’une forêt.

Le scandale de l’État complice

Le scandale tient au fait que les gouvernements (et une bonne part des collèges communaux) ont livré le pays aux spéculateurs du vent. Les autorités ne cessent de faire évoluer les règles pour satisfaire le lobby des promoteurs éoliens. Dernier cadeau en Région wallonne : le ministre Di Antonio (CDH) a réussi à contourner le pourtant bien officiel Cadre de référence pour l’implantation d’éoliennes en Région wallonne, approuvé par le Gouvernement wallon en 2013, en octroyant des permis pour la construction de zonings éoliens en zone forestière, sans que les conditions prévues soient remplies. Ou plus en général : que ce soit en Wallonie, à Bruxelles ou en Flandre, les ministres compétents veulent rendre plus difficile les recours contentieux des riverains ou des associations de citoyens.

L’éolien ne fait pas bon ménage avec la démocratie. Les projets d’aérogénérateurs ne font jamais l’objet d’un référendum local et se développent le plus souvent dans la plus grande discrétion – même au niveau communal – pour ne pas alerter les riverains ou les  défenseurs du paysage et du cadre de vie. Ainsi, loin de défendre la population, les Régions et pas mal de communes font le jeu des spéculateurs internationaux du vent contre l’intérêt des citoyens.

Pas toutes les communes, bien sûr. Il y en a où les autorités locales se joignent aux riverains pour défendre ensemble les intérêts des citoyens menacés. Mais il y en a hélas également beaucoup d’autres, prenons pour exemple Lierneux en Haute Ardenne, où le collège et le conseil communaux sacrifient une partie de la population et de l’environnement, aveuglés qu’ils sont par l’avarice, l’ignorance et les mythes que leur font avaler les promoteurs professionnels sur l’énergie durable et le profit escompté à court terme.

L’énergie entre les mains du capitalisme international

L’installation d’un zoning éolien se joue en plusieurs phases. Dans un premier temps, un développeur d’éoliennes contacte les maires ou les conseils communaux et leur vante les bénéfices financiers à attendre d’une implantation. En cas d’accord, il monte le dossier, fait faire les études d’incidences prescrites (par des bureaux spécialisés qui ont tout intérêt à délivrer un rapport positif, afin d’obtenir d’autres ordres), contribue à l’enquête publique, défend le projet au niveau administratif et au Conseil d’État. Coût de l’opération : difficile à estimer, mais les chiffres avancés varient entre 200.000 euros par éolienne et environ 1 million d’euros pour un zoning.

En 2015 le magazine MO* a calculé le coût d’une seule éolienne. Le prix d’une turbine de 2300 kilowatt reviendrait à 2,46 millions d’euros. Mais l’achat de cette éolienne ne constituerait qu’environ 77% de l’investissement total. Il faut y ajouter les frais de raccordement, les ouvrages voisins (chemins d’accès, fondations, …) et les coûts opérationnels (entretien, coûts généraux d’exploitation, location des terrains, …).

Enfin l’énergie produite par les éoliennes est vendue au distributeurs d’électricité. Mais comme les coûts de production éolienne sont supérieurs aux prix de marché d’électricité, l’État,  c’est-à-dire les contribuables, complète la somme que reçoivent les producteurs éoliens pour qu’ils puissent quand-même faire du profit.

Tous les acteurs gagnent, sauf le consommateur. Le développement de l’éolien industriel est d’abord une affaire de gros sous : la principale motivation n’est pas de produire des kW-heures mais des euros dans un cadre sans risque puisque garanti par l’État.

Pour une transition énergétique intelligente

Une transition énergétique intelligente suppose le courage de fixer comme objectif central la réduction de la consommation d’énergie, quelle qu’en soit la source, et de définir une stratégie au service de cet objectif : interdiction du chauffage électrique, limitation des éclairages nocturnes, réduction des déplacements imposés en voiture par une interdiction de construire des zones d’activités près des échangeurs routiers et de grandes surfaces commerciales en périphérie de ville, terminaison du système fiscal des voitures de société, isolation des bâtiments, interdiction de construire des bâtiments énergivores … À chaque région, un mixte énergétique conforme à son tempérament. Les aérogénérateurs n’ont pas leur place dans les espaces naturels, les montagnes et les forêts, ni dans le champ de visibilité de nos monuments. En général, on aura besoin  de culture plutôt que de croissance : garder et cultiver le niveau acquis d’enseignement, de santé, de sécurité, de l’état de droit, … sans pour autant produire et consommer toujours plus, plus, plus.

 

Merci, Antoine Waechter

 

Atlantische oversteek

In 1939, aan het einde van de Spaanse burgeroorlog, werden ruim 20.000 republikeinen afgemaakt tijdens de zogenaamde operaciones de castigo y de limpieza (straf- en zuiveringsoperaties). Meer nog stierven er in de concentratiekampen, de gevangenissen en de werkkampen van het Franco-regime. Duizenden gevangenen uit de burgeroorlog eindigden in Duitse kampen. Van het half miljoen vluchtelingen die in enkele weken tijd de Pyreneeën waren overgestoken stierven er veel in de Franse interneringskampen. Vluchtelingen die de Franse overheid voor ‘gevaarlijk’ hield, werden overgebracht naar het Algerijnse kamp van Djelfa. In het algemeen verliep de repressie door het Franco-regime volgens het model dat de Generalísimo en zijn trawanten eerder in Noord-Afrika hadden uitgewerkt. Voor hen was er weinig verschil tussen het Spaanse proletariaat en de Marokkanen: allebei een inferieur ras, dat je met meedogenloos geweld moest onderwerpen. De Engelse historicus Paul Preston spreekt van een Spaanse holocaust.

Voeg daarbij de algemene toestand van extreme ellende na de oorlog: het gemiddelde inkomen per hoofd daalde op een bepaald ogenblik tot onder de laagste niveaus uit de negentiende eeuw. Niet moeilijk om te begrijpen dat niet alleen politieke opposanten probeerden weg te komen, maar ook tallozen die de vlucht namen voor de werkloosheid en de honger. De Spaanse overheid probeerde de emigratie zoveel mogelijk tegen te gaan, onder meer met allerlei bureaucratische maatregelen. Voor velen die de Atlantische oceaan wilden oversteken naar het beloofde land van Amerika, werd de tocht ofwel onbetaalbaar, ofwel legaal onmogelijk. Getuigen die het allemaal zelf hebben meegemaakt zijn er steeds minder, maar er is onderzoek en literatuur over te vinden, bijvoorbeeld over de clandestiene migratie vanuit de Canarische eilanden naar Venezuela in de jaren 1940 en 1950.

Tot de eerste decennia van de twintigste eeuw was de emigratie – legaal en illegaal – van canarios naar Amerika bijna een traditie. Die werd onderbroken tijdens de Republiek, maar kwam weer volop op gang na de (burger)oorlog, en dan vooral naar een land in volle ontwikkeling: Venezuela. Nacht na nacht scheepten clandestiene migranten in op scheepjes, ofwel gecharterd door mensen die politiek vervolgd werden, of anders voor veel geld ter beschikking gesteld door wie een kans op winst zag. De ‘politieke’ overtochten waren over het algemeen beter georganiseerd en minder duur; men betaalde wat men kon (soms alleen proviand of een geit), en men waakte ervoor de boot niet te overladen en zo mogelijk een minimum aan veiligheid te garanderen. De speculanten daarentegen eisten grote bedragen – waarvoor de emigranten zich vaak in de schulden moesten steken bij vrienden en familie –, en overlaadden de boten, die vaak alleen maar een geïmproviseerde bemanning hadden van migranten zelf.

De scheepjes waren overwegend vissersboten of kleine coasters, die konden gemist worden door de lokale eigenaars omdat zij toch in slechte staat waren, weinig navigatie-instrumenten hadden, en een motor die het niet noodzakelijk de hele overtocht zou uithouden (was het niet vanwege onherstelbare technische mankementen,  dan wel door gebrek aan brandstof). Het enige wat de opvarenden dan nog voortdreef, waren de passaatwinden, die vanaf de Canarische eilanden altijd naar het westen waaien. Wie zonder brandstof uit de koers van de passaatwinden geraakte, liep het risico om gewoon te blijven dobberen, terwijl intussen wel de voorraden en het water op geraakten. Als alles goed ging, en het scheepje niet aanspoelde op de kusten van Senegal, Guyana of Brazilië, kon men Venezuela bereiken in vijfentwintig tot dertig dagen, maar veel vaker werden het er veertig, zestig, of nog meer. Van grote lijnschepen was meestal geen hulp te verwachten; soms werd er wat voedsel en water over boord gezet, of gaf men aan welke koers aan te houden om Venezuela te bereiken.

Wie uiteindelijk zijn bestemming haalde kwam terecht in een staat die zich voortdurend heen en weer bewoog tussen militaire dictatuur en korte perioden van democratie. Het was dan ook altijd afwachten hoe de ontvangst zou zijn. Het eerste scheepje dat na de oorlog Venezuela haalde, de Mariuchi, had een groep anti-franquisten aan boord. Zij werden met enige welwillendheid ontvangen door de sociaaldemocratische regering van Rómulo Gallegos, die geen diplomatieke banden onderhield met Spanje en de vluchtelingen registreerde en verblijfsdocumenten bezorgde. Maar na de staatsgreep van 1948 kwam een militaire junta aan het bewind; die knoopte weer banden aan met het Franco-regime en beschouwde de immigranten als “ongewensten, delinquenten, communisten en piraten”.

Men verhinderde de bootjes om de havens binnen te varen, of ze werden weer naar volle zee gesleept. De migranten reageerden door hun scheepjes te laten zinken of tegen de rotsen te laten lopen of anderszins te doen stranden, zodat de autoriteiten gedwongen werden hen aan land te nemen. Daar werden zij dan echter gearresteerd en getransporteerd naar de kampen voor dwangarbeid op eilandjes als Gualsina of Orchila. Later werden zij gewoon opgesloten in gevangenissen of in kampen op het vasteland; in ieder geval iets minder erg dan de tropische hel op de eilandjes. (Ik bezocht ooit les îles du Salut voor de kust van Frans-Guyana, waar zich vanaf 1852 een Franse strafkolonie bevond – ik kan mij wat voorstellen bij die tropische strafkampen.) Uiteraard leefden de gevangen migranten in de angst om teruggestuurd te worden, maar vaak werden zij na enkele maanden gewoon los gelaten en verdwenen zij in de natuur en probeerden zij weer de kost te verdienen en een leven op te bouwen. Eind 1952 maakte het Franco-regime de emigratie vanuit Spanje een stuk makkelijker: grote groepen Spanjaarden kwamen nu legaal aan in Venezuela.

En nu, sinds een jaar of vijf, vluchten Venezolanen weer weg uit dat land: naar Spanje, naar Colombia, naar Curaçao. Vluchten is van alle tijden.

Deze tekst is gebaseerd op Francesca Lazzarato, Barche fantasma attraverso l’Atlantico

 

 

Eolienne citoyenne

Il est triste de devoir constater qu’ à un moment où des citoyens s’engagent avec leurs ultimes moyens pour sauvegarder leur environnement, des organisations soi-disant citoyennes et écologiques les encerclent déjà comme des vautours, afin de pouvoir attaquer du moment que leur résistance ait échoué.

Prenons par exemple la coopérative Courant d’Air (SCRL FS avec siège social à Butgenbach/Elsenborn). Le ministre wallon de l’environnement et de l’aménagement du territoire, Di Antonio, voudrait que des organisations citoyennes soient impliquées dans la gestion de centrales éoliennes. Ah oui, évidemment; vu que dans le monde entier des riverains s’opposent à la destruction de leur environnement, il faut trouver des complices à première vue fiables qui veulent donner l’illusion que la population approuve et même profite de ces projets industriels. C’est le rôle que joue Courant d’Air dans huit projets éoliens en Wallonie. Et cette société à finalité sociale n’a pas de scrupules dans ce jeu. Regardons un peu son Rapport d’activités 2016.

En mars 2016 Courant d’Air a signé une convention avec Electrabel pour les droits de construction et d’exploitation d’une des six éoliennes prévues à Trois-Ponts. Pourtant, il était déjà clair en ce moment qu’une centrale éolienne à l’endroit prévu, en zone forestière, serait en infraction du Cadre de référence 2013. Ce Cadre de référence est le document du gouvernement wallon qui contient « des orientations propres à encadrer l’implantation des éoliennes d’une puissance supérieure à 100 kW* en Wallonie ». Or, ce texte stipule que des éoliennes ne peuvent être implantées en zone forestière qu’à condition qu’elles soient établies « en continuité d’un parc existant ou d’un projet de parc situé en dehors de la zone forestière ». Ceci ne serait clairement pas le cas à Trois-Ponts. En fait, Electrabel a admis que l’on devrait attendre un précédent ailleurs (c.à.d. à Lierneux), où le Conseil d’Etat devrait d’abord accepter cette dérogation du Cadre de référence, pour pouvoir persister à Trois-Ponts. Une dérogation du Cadre de référence à Lierneux signifierait donc un précédent qui mettrait une fin à la protection des forêts contre l’implantation de centrales éoliennes. Adieu forêts ardennaises.

Tout cela pourtant ne gêne pas Courant d’Air. Non seulement la coopérative « assume 1/6 des coûts de développement et prend ainsi sur elle le risque du développement », elle s’engage également « à faire le travail de communication nécessaire pour rallier les citoyens et les administrations au projet ». Beau travail de mercenaire au profit d’Electrabel.

Courant d’Air a essayé de répéter ce truc avec EDF Luminus et la commune de Lierneux pour le projet éolien à Lambiester. Selon le compromis convenu avec Luminus, Courant d’Air « recevrait entre 1 et 1,5 éoliennes », variant selon un accord encore à conclure avec la commune. Là, quelque chose a cloché (en 2016) ; le collège de Lierneux ne voudrait pas s’impliquer dans plus d’une seule éolienne. Néanmoins, « Comme mentionné dans l’introduction, le projet se trouve au Conseil de l’Etat (sic). Courant d’Air essayera à nouveau au moment opportun de rallier la commune à sa proposition ».

Ce qui ne cesse de surprendre dans tout cela est l’acharnement avec lequel compagnies énergétiques, administrations régionales et locales, et sociétés coopératives continuent à essayer de faire avaler à une partie de la population des initiatives industrielles et polluantes qui constituent une menace pure et simple pour leur environnement et leur bien-être général.

 

Revers mortel

Si dans nos régions il y a peu d’accidents mortels causés par des éoliennes, la situation est bien différente là où l’on produit l’essentiel de ces machines. En effet, depuis des années pratiquement tous les producteurs d’éoliennes (Siemens, Alstom, General Electric, …) intègrent des aimants à base de néodyme (voir p.e. un des candidats pour la zone éolienne de Lierneux/Lambiester, Vestas). Or, ce néodyme est une « terre rare » que l’on extrait surtout dans la région de Baotou, en Chine. Des dizaines d’ouvriers et d’habitants locaux payent de leur vie pour la production d’ « énergie verte » en Allemagne, aux Pays-Bas, en France … et en Belgique.

L’aimant à base de néodyme est une des parties élémentaires du générateur d’une éolienne. Ce générateur convertit l’énergie de rotation en électricité. Mais ces aimants, notamment ceux à base de néodyme, emploient une grande quantité de terres rares, jusqu’à 600 kg pour une éolienne de 3,5 mégawatts. Il y a quelques années, des projections estimaient qu’il faudrait 150 000 tonnes de néodyme pour fournir 250 gigawatts d’énergie éolienne supplémentaire (https://www.industrie-techno.com/quand-les-eoliennes-seront-des-mines-de-terres-rares.12448).

Les aimants à néodyme sont fabriqués en premier lieu en Chine, dans la région de Baotou, près de la frontière mongolienne. C’est là que l’on trouve dans le sol les « terres rares » dont on a besoin pour fabriquer les aimants des éoliennes. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette matière n’est pas vraiment rare ; elle est plutôt difficile à obtenir parce qu’elle n’est pas concentrée dans une « veine », comme l’or ou le cuivre, mais qu’elle est mélangée avec d’autres matières (radioactives), comme le thorium et l’uranium. Après le traitement du néodyme, ces autres matières sont déversées dans des bassins et des lacs (artificiels). Le résultat : les eaux souterraines contaminées, l’air contenant  de hautes concentrations de matières toxiques, les plantes, les animaux et les hommes tombant malades.

Des visiteurs de Baotou témoignent d’un désastre humanitaire à une échelle sans précédent. Tout près de la ville se trouvent des centaines d’usines métallurgiques avec leurs cheminées et leurs tours de refroidissement.

Baotou

Des immenses champs de blé et de maïs d’il y a dix ans, il ne reste plus rien. A leur place il y a maintenant un lac artificiel de 120 km², plein de déchets chimiques et couvert de poussière noire. Le tout est encerclé de digues d’une dizaine de mètres de haut et gardé par un peloton de gardiens. Il n’y a plus d’agriculture, et l’eau qui fuit du bassin se mélange avec celle de la Rivière Jaune, une des voies d’eau les plus importantes de la Chine. C’est dans cette énorme bouilloire de produits chimiques qu’est versé annuellement sept millions de tonnes de résidus de terre rare qu’on a traitée d’acides et de produits chimiques afin d’en retirer le néodyme. Il y a quelques années ce lac toxique était déjà profond de plus de trente mètres, et chaque année le niveau augmente d’un mètre.

Les près de deux millions d’habitants de Baotou respirent quotidiennement ces buées venimeuses. Ils souffrent de toutes sortes de maux physiques : perte de dents et de cheveux, affections respiratoires et cutanées, cancers, … La situation de la santé est désastreuse. Et tout cela à cause de l’exploitation de néodyme dont ont besoin les entreprises éoliennes.

Bien sûr, c’est en premier lieu la Chine qui devrait être responsable pour la situation sanitaire dans les centres de production de matières toxiques. Mais il y a également une responsabilité ici, de la part des promoteurs d’une idéologie fanatique de l’ »énergie verte », mais surtout de la part des entreprises et des petits politiciens locaux  qui connaissent bien les dégâts que cause leur appât du gain. De l’énergie verte et durable ?  Oui, mais pas à tout prix ; pas au détriment de populations et de nature sacrifiées là-bas et ici. Rappelons-nous l’histoire de la production de vêtements à prix extrêmement bas au Bangladesh, au Cambodge, au Vietnam, et oui, en Chine. On commence à se rendre compte maintenant que ce que les Primark de ce monde offrent en vêtements bon marché est en premier lieu le fruit de l’exploitation et de la souffrance d’enfants, femmes et hommes dans des situations vulnérables. Un produit résultant de la misère d’autrui n’est pas un produit « écologique ».

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Sucre

Le régime européen des quotas sucriers est venu à sa fin le 30 septembre. Pendant près de cinquante ans la quantité de sucre destiné à la nourriture était limitée sur le marché européen. On craint maintenant que, à l’instar de la suppression des quotas laitiers en 2015, cette réforme mènera à des problèmes sérieux pour les producteurs de betteraves sucrières. En effet, comme il n’y a plus de limites à la production de betteraves sucrières, beaucoup de cultivateurs ont déjà augmenté leur production cette année-ci. Pour la Belgique, on compte 64.439 ha de betteraves sucrières en 2017, soit une augmentation de plus de 14 % par rapport à 2016. En plus, 2017 semble être une bonne année pour la récolte. On s’attend donc aussi à une augmentation de la production de sucre.

Mais ces productions augmentées ont leurs conséquences : les prix sont en baisse. Fin 2016, on payait environ 500 euros par tonne de sucre de betterave ; cette année-ci le prix a baissé d’environ 28 %, jusqu’à 340-350 euros par tonne. La situation rappelle celle des agriculteurs producteurs de lait. Après la suppression des quotas, la surproduction de lait faisait baisser les prix ; des agriculteurs essayaient de neutraliser cette perte de prix par unité en produisant encore plus, ce qui mena à des prix encore plus bas, et encore plus de production, etc. … jusqu’au moment où l’on a dû constater l’existence d’un lac de lait et (encore une fois) d’une montagne de beurre.

L’argument de la Commission européenne pour supprimer les quotas sucriers est qu’une production croissante et des prix plus bas soutiendraient les producteurs de sucre européens dans leur conquête d’un plus grande partie du marché mondial. Deux remarques pourtant.

Ce ne sont pas les agriculteurs qui profiteront de ce marché grandissant. En Belgique par exemple il n’y a que deux producteurs de sucre : Iscal Sugar à Fontenoy et Tiense Suikerrafinaderij à Tirlemont. Ce sont eux qui encaissent la valeur ajoutée dans la chaîne de production sucrière.

Et puis, bien que l’UE soit le plus grand producteur mondial de sucre à base de betteraves, ce sucre ne compte que pour 20 % de la production sucrière mondiale. Les 80 % sont d’origine de canne à sucre, dont le Brésil est le premier producteur et vendeur. Le prix mondial du sucre est donc pour une bonne partie déterminée par la situation politique et économique de ce pays-là – menant récemment à une forte baisse du taux de change de la monnaie nationale, le real.

Une fois de plus, la « libéralisation » du marché pourrait se passer au dépens des producteurs de la matière première.

 

Zoning industriel éolien

Le site franco-belge Friends against wind publie le témoignage d’une certaine Rose-Line sur l’impact de l’implantation d’une centrale éolienne dans son village. Le texte ne précise pas de quel village belge il s’agit, mais la rédaction du site y a ajouté une photo d’Estinnes, en Hainaut.

Estinnes

La situation à Estinnes est incomparable à celle des Hautes Ardennes. Là-bas il y a un paysage plat, et le village se trouve au milieu de champs et de prés. Mais les éoliennes, elles sont bien comparables – et elles sont énormes. Voici quelques photos (la petite porte mesure 2m de haut; on peut s’imaginer la hauteur et la circonférence de la tour):

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Mais bon, voici le témoignage de « Rose-Line »:

« Nous habitions depuis 2006 un petit village perché calme, dans une belle nature arborée où il faisait bon vivre.

Les oiseaux communs étaient nombreux, les migrateurs passaient, s’y arrêtaient pour nicher, reprendre des forces avant de reprendre leur vol pour des contrées proches ou lointaines.

Mais hélas, un promoteur agissant pour le compte d’une multinationale, fit du démarchage auprès des cultivateurs et propriétaires terriens, en leur faisant miroiter un gros bénéfice s’ils louaient des parcelles de terrain pour y installer un zoning industriel éolien de 4 machines (5 000 € la parcelle) ; ceci à l’insu de la population rurale très ignorante des nuisances et des répercussions à venir sur leur santé, leur environnement et sa biodiversité. Une réunion d’information publique fut organisée pour amadouer les futurs riverains, où tous les côtés négatifs de ces engins furent absolument passés sous silence.

Quelques mois plus tard, à 3 km de chez nous, 4 éoliennes se mirent à tourner en faisant un bruit de fond épouvantable (bruit d’avion sans interruption rythmé par les bruits saccadés des pales passant devant les fûts). Tous ces bruits s’entendaient jusqu’à plus de 5 km aux alentours en fonction de la force du vent et de sa direction. En outre, la signalisation lumineuse prévue pour l’aviation était au nombre de 40 flashs par minute, soit 57 600 flashs par 24 heures (230 400 flashs avec 4 éoliennes !), qui s’invitaient dans les habitations, et pour certaines habitations s’ajoutaient les effets stroboscopiques.

C’en était terminé de notre belle tranquillité, de notre belle qualité de vie en milieu rural et naturel, les nuits devinrent pénibles.

Depuis 2007, les bruits des éoliennes, aériens et souterrains, perturbent notre sommeil, soit en nous réveillant en sursaut à chaque changement de direction du vent (arrêt des machines qui changent de direction et remise en route), soit en nous empêchant carrément de dormir, tant ils sont puissants en décibels et basses fréquences, en fonction de la force du vent qui accélère le mouvement des pales lancées à grande vitesse et ce qui entraîne le rotor !
Pour exemple, un vent de 25 km/h qui agit sur le rotor 18 fois par minute, donne :
18 × 60 minutes × 3 pales × 4 machines = 12 960 passages par heure des pales devant les fûts !
Imaginez les bruits que cela peut engendrer !
De 10 dBA la nuit que nous avions avant de subir ces nuisances sonores, nous avons depuis un minimum de 34 dBA quand les machines sont à l’arrêt, puisqu’elles restent sous tension électrique au cas où…, et bien sûr beaucoup plus de bruit quand elles tournent !

Très vite sont apparus des troubles du sommeil, des réveils en sursaut, des insomnies, une grande fatigue due au manque de sommeil, des maux de tête, de l’irritabilité. Cette fatigue est devenue persistante et permanente.

Puis sont apparues chez mon voisin de la tachycardie, des fibrillations surtout les nuits où le vent soufflait à plus de 18 km/h. De nombreuses nuits se réveillant en grande souffrance cardiaque, il a fallu l’emmener d’urgence à l’hôpital où il a subi plusieurs chocs électriques pour remettre le cœur en rythme, de 2010 à 2015, puis, plusieurs interventions chirurgicales afin de cautériser les zones en fibrillations, et finalement lui poser un pacemaker. Cependant, par nuit venteuse et bruyante, l’arythmie et la fibrillation réapparaissent. Il faut encore ajouter une tumeur en 2017 et des problèmes visuels.

Pour moi, la fatigue des nuits sans sommeil est devenue telle que mon immunité a fortement baissée, ma santé s’est fragilisée avec perte de poids, migraines, acouphènes, hyperacousie, vertiges, et depuis 2015, la fibromyalgie s’est ajoutée.

En 2014, malgré les protestations des riverains, 5 nouvelles machines ont été ajoutées (15 000 € par parcelle louée). Nous avons obtenu qu’elles soient bridées et que la signalisation lumineuse soit supprimée, mais les nuisances sonores persistent et notre mal-être s’accentue.

Bien évidemment, les impacts de ce zoning industriel éolien ont fait fuir une grande partie de l’avifaune et de la faune ainsi que la biodiversité du sous-sol.

Le comble, c’est que certains médecins consultés préconisent prudemment de déménager !

La situation est absurde, elle est surtout scandaleuse, car une technologie qu’on nous dit « verte » et « inoffensive », contraint les citoyens à abandonner leur bien, leur tranquillité et leur qualité de vie !

N. B. : Plusieurs habitants du village développent des problèmes de santé, des enfants ont des frayeurs nocturnes, font des cauchemars, sont agités, et ceci, les mêmes nuits venteuses !!! »