Produire des euros

Sur le site francophone friends against wind vient de paraître un texte clair et bien élaboré d’Antoine Waechter : « Le scandale éolien – Le développement de l’éolien terrestre repose sur une escroquerie intellectuelle et politique. » Antoine Waechter est un homme politique français, membre du Mouvement écologiste indépendant (MEI). Il fut le candidat des Verts à l’élection présidentielle de 1988 et député européen de 1989 à 1991.

Le texte traite la situation française, bien spécifique avec son accent sur le nucléaire comme source d’énergie. Mais d’autre part, il y a aussi tant de ressemblances avec la situation wallonne, que j’ai cru pouvoir reprendre en grande partie le texte de Waechter en l’adaptant ici et là au contexte belgo-wallon. Alors voici.

 

Après avoir colonisé les champs de betteraves et de céréales du Hainaut, les aérogénérateurs investissent dorénavant les reliefs boisés des Ardennes, dénaturant les plus beaux territoires de la Belgique et dégradant l’environnement de dizaines de milliers de personnes.

L’énergie éolienne a, semble-t-il, la sympathie d’une petite majorité de nos concitoyens, mais suscite des dizaines de procès devant la juridiction administrative, jusqu’au Conseil d’État. Cette réalité contrastée oppose ceux qui ne connaissent que les photographies de pales blanches sur un fond de ciel bleu à ceux qui vivent la proximité de ces monstres technologiques. L’adhésion repose sur une double escroquerie intellectuelle et politique : l’éolien serait nécessaire pour se passer du nucléaire et pour limiter les gaz à effet de serre, plus largement l’avenir appartiendrait aux énergies renouvelables.

Au niveau actuel de consommation énergétique, le renouvelable est parfaitement incapable de remplacer les énergies à haute densité comme le pétrole et l’atome. Il serait nécessaire d’abîmer tous les cours d’eau, de piller la forêt et de couvrir la Belgique de panneaux solaires et de mâts géants pour atteindre cet objectif. Le cœur de la transition énergétique ne peut raisonnablement être qu’une réduction radicale de la consommation : tous les connaisseurs en conviennent. L’escroquerie politique est de taire cette vérité. Au contraire même, on encourage l’accroissement de la consommation d’électricité, par exemple par une électrification du parc des voitures de société. L’investissement dans les nouvelles technologies de production d’électricité en veillant à ne rien changer à nos modes de vie et à notre organisation socio-économique consiste à poursuivre le modèle de développement à l’œuvre depuis près de deux siècles. C’est plus confortable politiquement … et nous achemine vers l’impasse en toute bonne conscience.

En général, l’éolien n’a qu’une place instable dans le mixte énergétique belge ou wallon. Une énergie aléatoire suppose des relais rapidement mis en œuvre, comme des centrales hydroélectriques ou des centrales thermiques. En Belgique, le développement des centrales au gaz semble être le corolaire obligé de l’éolien. En d’autres termes, le développement de l’éolien exige le développement conjoint de centrales mobilisant des énergies fossiles et ne constitue pas, en soi, une réponse à la dérive climatique.

Des milliers de personnes en souffrance

La multiplication des parc éoliens massacre les paysages et provoque la souffrance de milliers de personnes. Pour atteindre la rentabilité, les développeurs installent dorénavant des engins de 200 mètres de haut (pâles + mât), soit quatre à six fois plus que les objets déjà existants comme les clochers, les flèches de cathédrale, les pylônes de lignes très haute tension …

De grands voiliers, comme les rapaces, sont tués par les pâles, tandis que les poumons des chauves-souris éclatent sous l’effet de la dépression d’air créée par leur mouvement. Chaque éolienne vide un espace d’environ 1,8 hectare de tout vertébré (oiseaux et mammifères notamment), soit neuf hectares par zone de cinq machines, ce qui est sans incidence majeure dans un champ de maïs ou dans le port d’Anvers par exemple, mais très impactant au-dessus d’une forêt.

Le scandale de l’État complice

Le scandale tient au fait que les gouvernements (et une bonne part des collèges communaux) ont livré le pays aux spéculateurs du vent. Les autorités ne cessent de faire évoluer les règles pour satisfaire le lobby des promoteurs éoliens. Dernier cadeau en Région wallonne : le ministre Di Antonio (CDH) a réussi à contourner le pourtant bien officiel Cadre de référence pour l’implantation d’éoliennes en Région wallonne, approuvé par le Gouvernement wallon en 2013, en octroyant des permis pour la construction de zonings éoliens en zone forestière, sans que les conditions prévues soient remplies. Ou plus en général : que ce soit en Wallonie, à Bruxelles ou en Flandre, les ministres compétents veulent rendre plus difficile les recours contentieux des riverains ou des associations de citoyens.

L’éolien ne fait pas bon ménage avec la démocratie. Les projets d’aérogénérateurs ne font jamais l’objet d’un référendum local et se développent le plus souvent dans la plus grande discrétion – même au niveau communal – pour ne pas alerter les riverains ou les  défenseurs du paysage et du cadre de vie. Ainsi, loin de défendre la population, les Régions et pas mal de communes font le jeu des spéculateurs internationaux du vent contre l’intérêt des citoyens.

Pas toutes les communes, bien sûr. Il y en a où les autorités locales se joignent aux riverains pour défendre ensemble les intérêts des citoyens menacés. Mais il y en a hélas également beaucoup d’autres, prenons pour exemple Lierneux en Haute Ardenne, où le collège et le conseil communaux sacrifient une partie de la population et de l’environnement, aveuglés qu’ils sont par l’avarice, l’ignorance et les mythes que leur font avaler les promoteurs professionnels sur l’énergie durable et le profit escompté à court terme.

L’énergie entre les mains du capitalisme international

L’installation d’un zoning éolien se joue en plusieurs phases. Dans un premier temps, un développeur d’éoliennes contacte les maires ou les conseils communaux et leur vante les bénéfices financiers à attendre d’une implantation. En cas d’accord, il monte le dossier, fait faire les études d’incidences prescrites (par des bureaux spécialisés qui ont tout intérêt à délivrer un rapport positif, afin d’obtenir d’autres ordres), contribue à l’enquête publique, défend le projet au niveau administratif et au Conseil d’État. Coût de l’opération : difficile à estimer, mais les chiffres avancés varient entre 200.000 euros par éolienne et environ 1 million d’euros pour un zoning.

En 2015 le magazine MO* a calculé le coût d’une seule éolienne. Le prix d’une turbine de 2300 kilowatt reviendrait à 2,46 millions d’euros. Mais l’achat de cette éolienne ne constituerait qu’environ 77% de l’investissement total. Il faut y ajouter les frais de raccordement, les ouvrages voisins (chemins d’accès, fondations, …) et les coûts opérationnels (entretien, coûts généraux d’exploitation, location des terrains, …).

Enfin l’énergie produite par les éoliennes est vendue au distributeurs d’électricité. Mais comme les coûts de production éolienne sont supérieurs aux prix de marché d’électricité, l’État,  c’est-à-dire les contribuables, complète la somme que reçoivent les producteurs éoliens pour qu’ils puissent quand-même faire du profit.

Tous les acteurs gagnent, sauf le consommateur. Le développement de l’éolien industriel est d’abord une affaire de gros sous : la principale motivation n’est pas de produire des kW-heures mais des euros dans un cadre sans risque puisque garanti par l’État.

Pour une transition énergétique intelligente

Une transition énergétique intelligente suppose le courage de fixer comme objectif central la réduction de la consommation d’énergie, quelle qu’en soit la source, et de définir une stratégie au service de cet objectif : interdiction du chauffage électrique, limitation des éclairages nocturnes, réduction des déplacements imposés en voiture par une interdiction de construire des zones d’activités près des échangeurs routiers et de grandes surfaces commerciales en périphérie de ville, terminaison du système fiscal des voitures de société, isolation des bâtiments, interdiction de construire des bâtiments énergivores … À chaque région, un mixte énergétique conforme à son tempérament. Les aérogénérateurs n’ont pas leur place dans les espaces naturels, les montagnes et les forêts, ni dans le champ de visibilité de nos monuments. En général, on aura besoin  de culture plutôt que de croissance : garder et cultiver le niveau acquis d’enseignement, de santé, de sécurité, de l’état de droit, … sans pour autant produire et consommer toujours plus, plus, plus.

 

Merci, Antoine Waechter

 

Dieren en marxisme

Onlangs publiceerde ik hier onder de titel ‘Une idée absurde et contre nature’ een lang citaat van Friedrich Engels. Daarin heeft hij het over de relatie tussen mens en ‘natuur’. Enigszins verwant daaraan is nu een bijdrage van Eva Meijer aan het laatste nummer van Krisis – Journal for contemporary philosophy. In ‘Animals’ geeft zij in het kort aan hoe concepten uit het marxisme een licht kunnen werpen op de specifieke positie van dieren in kapitalistische maatschappijen, en hoe aandacht voor dieren de aandacht kan vestigen op dimensies van het kapitalisme die anders verborgen zouden blijven. (Eva Meijer heeft het consequent over nonhuman animals wanneer zij over dieren praat; ik begrijp de redenering, als je zoals zij uitgaat van de brede categorie humans and other animals, maar voor de gemakkelijkheid en de leesbaarheid heb ik het hier verder simpelweg over mensen en dieren.)

Meijer geeft aan dat onze economische, culturele en sociale structuren in belangrijke mate gebouwd zijn op de arbeid en de bijdrage van dieren. Dan gaat het om dierlijk materiaal dat verwerkt wordt in talloze objecten en materialen die deel uitmaken van het dagelijks leven van mensen: niet alleen voeding(sbestanddelen), maar ook onnoemelijk veel andere zaken, “van aspirine over brandstof tot porselein”. Het product van hun arbeid (eieren, melk, …) is dan ook een belangrijke economische factor.

Bovendien is het niet omdat dieren behandeld worden als objecten, dat zij niet zelf over agency beschikken, dat wil zeggen dat zij autonoom een situatie of een toestand kunnen creëren. (Als je de benadering van Bruno Latour zou volgen – en ik wijk hier af van de tekst van Eva Meijer – dan zijn gedomesticeerde, en zeker industrieel gekweekte dieren, eerder hybriden of quasi-objecten: wezens die zowel cultuur als natuur zijn, zowel politiek als wetenschap. Dat betekent echter niet dat zij dan ook meteen actoren zijn; zij ondernemen in het algemeen zelf geen autonome actie, maar zij kunnen wel acties uitvoeren en de acties van actoren beïnvloeden.) Meijer verwijst echter naar de historicus Jason Hribal. Die stelt dat dieren een deel zijn van de arbeidersklasse.  Niet alleen waren zij een belangrijk element in de industriële revolutie en de opkomst van het kapitalisme; hun medewerking of juist verzet heeft mede vorm gegeven aan de menselijke arbeid. In die zin is er vaak een relatie tussen de uitbuiting van kwetsbare menselijke en dierlijke groepen. De afgelopen tijd was ik in Albanië, Griekenland en Marokko, en hoe goed zie je daar nog dat voor arme families de arbeid van dieren (ezels, ossen, …) noodzakelijk is om te overleven. Meijer geeft het voorbeeld van de westerse eetgewoonten die leiden tot dierlijk lijden in de industriële voedselketen, en tegelijk tot de vernietiging van menselijke en dierlijke habitat, die moet wijken voor de productie van soja voor die industriële kweek.

Het andere onderdeel van Meijers betoog gaat over de bijdrage die marxistische concepten kunnen leveren aan een beter begrip van de positie van dieren in de kapitalistische samenleving – waarbij moet aangestipt worden dat de uitbuiting van dieren (en mensen) zeker geen exclusieve is van het kapitalisme. De theorie van gebruikswaarde en ruilwaarde kan echter wel duidelijk maken hoe dieren beschouwd worden als objecten, en vervolgens als goederen, die verhandeld kunnen worden met het oog op maximale winst.

Verder, je kijkt heel anders naar dieren, als je ze beschouwt als wezens die arbeiden. Zij werken niet alleen met en voor mensen, in entertainment, de politie, de gezondheidszorg, het leger, … Ook wat zij voor zichzelf doen, kan je zien als arbeid: nesten bouwen, voedsel zoeken, jagen, dammen aanleggen, … Er zijn diersoorten die andere dieren voor zich aan het werk zetten (al dan niet onder druk). Kortom, het vergelijken van de arbeidsverhoudingen onder dieren en onder mensen, en tussen mensen en dieren, kan leiden tot een beter begrip van de mogelijke eerlijke verhoudingen tussen human and nonhuman animals. Erkenning van de arbeid van dieren zou ertoe kunnen leiden dat mensen een beter inzicht krijgen in hoe mensen en dieren samen gemeenschappen vormen.

 

P.S. Eva Meijer heeft ook een leuke website: http://www.evameijer.nl.

 

Atlantische oversteek

In 1939, aan het einde van de Spaanse burgeroorlog, werden ruim 20.000 republikeinen afgemaakt tijdens de zogenaamde operaciones de castigo y de limpieza (straf- en zuiveringsoperaties). Meer nog stierven er in de concentratiekampen, de gevangenissen en de werkkampen van het Franco-regime. Duizenden gevangenen uit de burgeroorlog eindigden in Duitse kampen. Van het half miljoen vluchtelingen die in enkele weken tijd de Pyreneeën waren overgestoken stierven er veel in de Franse interneringskampen. Vluchtelingen die de Franse overheid voor ‘gevaarlijk’ hield, werden overgebracht naar het Algerijnse kamp van Djelfa. In het algemeen verliep de repressie door het Franco-regime volgens het model dat de Generalísimo en zijn trawanten eerder in Noord-Afrika hadden uitgewerkt. Voor hen was er weinig verschil tussen het Spaanse proletariaat en de Marokkanen: allebei een inferieur ras, dat je met meedogenloos geweld moest onderwerpen. De Engelse historicus Paul Preston spreekt van een Spaanse holocaust.

Voeg daarbij de algemene toestand van extreme ellende na de oorlog: het gemiddelde inkomen per hoofd daalde op een bepaald ogenblik tot onder de laagste niveaus uit de negentiende eeuw. Niet moeilijk om te begrijpen dat niet alleen politieke opposanten probeerden weg te komen, maar ook tallozen die de vlucht namen voor de werkloosheid en de honger. De Spaanse overheid probeerde de emigratie zoveel mogelijk tegen te gaan, onder meer met allerlei bureaucratische maatregelen. Voor velen die de Atlantische oceaan wilden oversteken naar het beloofde land van Amerika, werd de tocht ofwel onbetaalbaar, ofwel legaal onmogelijk. Getuigen die het allemaal zelf hebben meegemaakt zijn er steeds minder, maar er is onderzoek en literatuur over te vinden, bijvoorbeeld over de clandestiene migratie vanuit de Canarische eilanden naar Venezuela in de jaren 1940 en 1950.

Tot de eerste decennia van de twintigste eeuw was de emigratie – legaal en illegaal – van canarios naar Amerika bijna een traditie. Die werd onderbroken tijdens de Republiek, maar kwam weer volop op gang na de (burger)oorlog, en dan vooral naar een land in volle ontwikkeling: Venezuela. Nacht na nacht scheepten clandestiene migranten in op scheepjes, ofwel gecharterd door mensen die politiek vervolgd werden, of anders voor veel geld ter beschikking gesteld door wie een kans op winst zag. De ‘politieke’ overtochten waren over het algemeen beter georganiseerd en minder duur; men betaalde wat men kon (soms alleen proviand of een geit), en men waakte ervoor de boot niet te overladen en zo mogelijk een minimum aan veiligheid te garanderen. De speculanten daarentegen eisten grote bedragen – waarvoor de emigranten zich vaak in de schulden moesten steken bij vrienden en familie –, en overlaadden de boten, die vaak alleen maar een geïmproviseerde bemanning hadden van migranten zelf.

De scheepjes waren overwegend vissersboten of kleine coasters, die konden gemist worden door de lokale eigenaars omdat zij toch in slechte staat waren, weinig navigatie-instrumenten hadden, en een motor die het niet noodzakelijk de hele overtocht zou uithouden (was het niet vanwege onherstelbare technische mankementen,  dan wel door gebrek aan brandstof). Het enige wat de opvarenden dan nog voortdreef, waren de passaatwinden, die vanaf de Canarische eilanden altijd naar het westen waaien. Wie zonder brandstof uit de koers van de passaatwinden geraakte, liep het risico om gewoon te blijven dobberen, terwijl intussen wel de voorraden en het water op geraakten. Als alles goed ging, en het scheepje niet aanspoelde op de kusten van Senegal, Guyana of Brazilië, kon men Venezuela bereiken in vijfentwintig tot dertig dagen, maar veel vaker werden het er veertig, zestig, of nog meer. Van grote lijnschepen was meestal geen hulp te verwachten; soms werd er wat voedsel en water over boord gezet, of gaf men aan welke koers aan te houden om Venezuela te bereiken.

Wie uiteindelijk zijn bestemming haalde kwam terecht in een staat die zich voortdurend heen en weer bewoog tussen militaire dictatuur en korte perioden van democratie. Het was dan ook altijd afwachten hoe de ontvangst zou zijn. Het eerste scheepje dat na de oorlog Venezuela haalde, de Mariuchi, had een groep anti-franquisten aan boord. Zij werden met enige welwillendheid ontvangen door de sociaaldemocratische regering van Rómulo Gallegos, die geen diplomatieke banden onderhield met Spanje en de vluchtelingen registreerde en verblijfsdocumenten bezorgde. Maar na de staatsgreep van 1948 kwam een militaire junta aan het bewind; die knoopte weer banden aan met het Franco-regime en beschouwde de immigranten als “ongewensten, delinquenten, communisten en piraten”.

Men verhinderde de bootjes om de havens binnen te varen, of ze werden weer naar volle zee gesleept. De migranten reageerden door hun scheepjes te laten zinken of tegen de rotsen te laten lopen of anderszins te doen stranden, zodat de autoriteiten gedwongen werden hen aan land te nemen. Daar werden zij dan echter gearresteerd en getransporteerd naar de kampen voor dwangarbeid op eilandjes als Gualsina of Orchila. Later werden zij gewoon opgesloten in gevangenissen of in kampen op het vasteland; in ieder geval iets minder erg dan de tropische hel op de eilandjes. (Ik bezocht ooit les îles du Salut voor de kust van Frans-Guyana, waar zich vanaf 1852 een Franse strafkolonie bevond – ik kan mij wat voorstellen bij die tropische strafkampen.) Uiteraard leefden de gevangen migranten in de angst om teruggestuurd te worden, maar vaak werden zij na enkele maanden gewoon los gelaten en verdwenen zij in de natuur en probeerden zij weer de kost te verdienen en een leven op te bouwen. Eind 1952 maakte het Franco-regime de emigratie vanuit Spanje een stuk makkelijker: grote groepen Spanjaarden kwamen nu legaal aan in Venezuela.

En nu, sinds een jaar of vijf, vluchten Venezolanen weer weg uit dat land: naar Spanje, naar Colombia, naar Curaçao. Vluchten is van alle tijden.

Deze tekst is gebaseerd op Francesca Lazzarato, Barche fantasma attraverso l’Atlantico

 

 

Minimiser les effets

« On va trop vite, c’est clair. Mais on ne peut plus attendre pour faire des études car le réchauffement climatique aura, lui, des conséquences bien plus dommageables. On doit avancer et minimiser ensuite ces effets. »

C’est Jan Vande Putte, chargé de mission « Energie » chez Greenpeace, qui dit cela dans Médor N° 10, lorsqu’il parle de l’impact des éoliennes en mer du Nord sur la faune et la flore. Selon lui, il faut encore plus d’études sur les effets désastreux de ces éoliennes, mais ça ne doit pas nous empêcher de continuer déjà la destruction qu’elles causent. Les effets néfastes, on les minimisera plus tard.

Cela me rappelle un peu l’idéologie de la war on drugs . Persister, même si l’on sait que c’est une guerre que l’on ne peut gagner, que les dommages collatéraux sont gigantesques et que les victimes se trouvent partout : les consommateurs mêmes, leurs familles et relations, leur environnement sociétal, la société toute entière qui paye cette « guerre » en dégradation des principes de l’Etat de droit et en augmentation des problèmes de santé secondaires (http://durieux.eu/blog/vehikel). A partir de 1985, un objectif formel de la politique en matière de drogues du ministère de la Santé néerlandais était de « prévenir autant que possible que les consommateurs (de drogues illicites) subissent plus de dommages à cause des effets de la criminalisation que par le seul usage des produits eux-mêmes » (voir http://durieux.eu/sites/default/files/drugsbeleid_1993.pdf, p. 15).

L’impact négatif mentionné dans Médor porte sur les éoliennes offshore, et même sans études supplémentaires, c’est du sérieux. « Un bruit sous-marin assourdissant » causé par le pilonnage de pylônes de cinq mètres de diamètre à l’aide de marteaux hydrauliques ; une fois les éoliennes opérationnelles, des sons subaquatiques, et au-dessus de l’eau les pales qui produisent un son ambiant permanent et menaçant les oiseaux migrateurs ; bref, un vacarme aussi bien subaquatique qu’à haute intensité, qui amène l’océanographe Alain Norro à parler de « poubelles sonores ».

Et puis, il y a la pollution chimique. L’entretien des éoliennes en zone maritime belge nécessiterait 8 000 trajets par an. Un géologue français maintient que l’on pulvérise des produits chimiques sur les pales – et donc dans la mer – pour contrer la grasse et le gel. Et contre la corrosion des mâts, on emploierait des anodes sacrificielles, de petits blocs d’aluminium et de zinc qui sont destinés à s’oxyder et à se dégrader dans l’eau à la place de l’acier sur lequel ils sont posés. Médor fait le compte : « Dans un document confidentiel, le promoteur français Engie prévoit 32 tonnes d’anodes par fondation (éolienne, mât de mesure, poste électrique en mer). Soit plus de 2 000 tonnes pour une ferme de 64 moulins. Même précision en ce qui concerne leur dégradation : 75 tonnes d’aluminium seront rejetées chaque année dans la mer ! Auxquelles il faut ajouter 4 tonnes de zinc, un métal bien plus toxique encore. A l’échelle des parcs belges (500 éoliennes), cela représenterait plus de 600 tonnes de métaux noyés chaque année. »

Avancer et minimiser ensuite ces effets ? Médor se demande plutôt : « Des éoliennes qui polluent, une lubie d’activistes en mal d’activités ? » (Une question pertinente, qui ne perd pas de poids lorsqu’on considère les zonings dont les promoteurs éoliens et leur ministre Carlo Di Antonio parsèment le territoire wallon.)

Alors justement le Parlement des Choses vient d’ouvrir l’ambassade de la mer du Nord. Il s’agit d’une  ambassade réelle et virtuelle, où les choses, les plantes, les animaux et les humains peuvent s’exprimer. On y travaille au nom de la mer du Nord à un plaidoyer qui sera présenté fin juin à Den Haag (La Haye). L’objectif est une recherche en profondeur sur notre relation avec  la mer. « On cohabite avec la mer. Elle nous émerveille et nous nourrit ; c’est d’elle que nous sommes issus. » Tandis que la mer s’agite de mille façons, nous l’avons toujours crainte et domptée. Et les organisateurs de demander : « Quelle est en l’an 2018 notre relation avec notre plus grand espace publique ? Qu’est-ce qu’elle a à nous raconter ? Comment améliorer notre relation avec la mer du Nord, au bénéfice de la vie humaine et non humaine et de la vie des générations futures ? Tout le monde peut contribuer en faisant entendre le maximum de voix, d’idées et d’opinions. Que dirait la mer du Nord elle-même ? Quels sont les intérêts des poissons, des oiseaux, des algues ? Que disent les éoliennes, les pêcheurs et les ports ? »

Chacun.e peut introduire un texte, une motion, une idée, une suggestions ou un appel au nom d’une algue, d’un grain de sel, d’un port, d’une moule, d’un poisson, d’une éolienne, d’un être humain ou de toute autre entité qui fait partie de la mer du Nord et de son environnement. Ces motions peuvent être gaies ou fâchées, poétiques ou scientifiques, pleines d’espérance ou de désarroi, mais surtout elles devront faire avancer la recherche sur notre cohabitation avec (toutes les entités de) la mer.

 

Petite note sur la newspeak.

Aussi Médor ne semble pas échapper à la novlangue que l’on essaie de toute part à imposer lorsqu’il s’agit des zonings éoliens. « Une ferme de 64 moulins » ? Ou plus fréquemment: des « parcs éoliens » ? Ou même des « champs d’éoliennes » ?

Ce que l’on construit ici et là et partout n’a rien à voir avec une ferme ou un parc ou un champ. Il s’agit au contraire de vraies centrales énergétiques, consistant d’énormes machines bruyantes, parfois d’une hauteur de 180 mètres. Au fond, ce sont des fabriques.

Aussi en néerlandais, on parle de windmolens, moulins à vent. Mais ces machines n’ont qu’une vague ressemblance à des moulins à vent. Elles ne moulent ou ne drainent rien ; les ailes ressemblent plutôt à une hélice tripale. Traditionnellement les moulins à vent ou à eau étaient intégrés dans le paysage ; les éoliennes des nouveaux zonings surmontent de cinq à six fois même les plus hauts arbres qui ont eu la chance de ne pas être abattus.

Les promoteurs éoliens et leurs complices dans les médias et les pouvoirs publics cherchent de toutes forces à donner l’impression que, comme il s’agit de vent, l’industrie éolienne est par définition verte, naturelle, écologique, etc. Mais aussi bien en mer que sur terre, les nouvelles centrales éoliennes sont surtout dévastatrices et nuisibles pour tout être vivant dans leur environnement. Ce ne sera pas la première fois que la recherche du profit des puissants est déguisée en intérêt général anodin.

 

 

 

 

 

Une idée absurde et contre nature

« … l’ensemble de l’action méthodique de tous les animaux n’ a pas réussi à marquer la terre du sceau de leur volonté. Pour cela il fallait l’homme.

Bref, l’ animal utilise seulement la nature extérieure et provoque en elle des modifications par sa seule présence; par les changements qu’il y apporte, l’homme l’amène à servir à ses fins, il la domine. Et c’est en cela que consiste la dernière différence essentielle entre l’ homme et le reste des animaux, et cette différence, c’est encore une fois au travail que l’homme la doit .

Cependant ne nous flattons pas trop de nos victoires sur la nature. Elle se venge sur nous de chacune d’ elles. Chaque victoire a certes en premier lieu les conséquences que nous avons escomptées, mais en second et en troisième lieu, elle a des effets tout différents, imprévus, qui ne détruisent que trop souvent ces premières conséquences. Les gens qui, en Mésopotamie, en Grèce, en Asie mineure et autres lieux essartaient les forêts pour gagner de la terre arable, étaient loin de s’ attendre à jeter par là les bases de l’ actuelle désolation de ces pays, en détruisant avec les forêts les centres d’ accumulation et de conservation de l’humidité. Sur le versant sud des Alpes, les montagnards italiens qui saccageaient les forêts de sapins conservées avec tant de sollicitude sur le versant nord, n’avaient pas idée qu’ils sapaient par là l’élevage de haute montagne sur leur territoire ; ils soupçonnaient moins encore que, par cette pratique, ils privaient d’eau leurs sources de montagnes pendant la plus grande partie de l’année et que celles-ci, à la saison des pluies, allaient déverser sur la plaine des torrents d’autant plus furieux. Ceux qui répandirent la pomme de terre en Europe ne savaient pas qu’avec les tubercules farineux ils répandaient aussi la scrofule. Et ainsi les faits nous rappellent à chaque pas que nous ne régnons nullement sur la nature comme un conquérant règne sur un peuple étranger, comme quelqu’un qui serait en dehors de la nature, mais que nous lui appartenons avec notre chair, notre sang, notre cerveau, que nous sommes dans son sein et que toute notre domination sur elle réside dans l’avantage que nous avons sur l’ensemble des autres créatures, de connaître ses lois et de pouvoir nous en servir judicieusement.

Et en fait, nous apprenons chaque jour à comprendre plus correctement ces lois et à connaître les conséquences plus ou moins lointaines de nos interventions dans le cours normal des choses de la nature. Surtout depuis les énormes progrès de la science de la nature au cours de ce siècle, nous sommes de plus en plus à même de connaître aussi les conséquences naturelles lointaines, tout au moins de nos actions les plus courantes dans le domaine de la production, et, par suite, d’apprendre à les maîtriser. Mais plus il en sera ainsi, plus les hommes non seulement sentiront, mais sauront à nouveau qu’ils ne font qu’un avec Ia nature et plus deviendra impossible cette idée absurde et contre nature d’une opposition entre I ‘esprit et Ia matière, l’homme et la nature, l’âme et le corps, idée qui s’est répandue en Europe depuis le déclin de l’antiquité classique et qui a connu avec le christianisme son développement le plus élevé.

(…)

Mais, (…) , il faut plus que Ia seule connaissance. Il faut un bouleversement complet de tout notre mode de production passé, et avec lui, de tout notre régime social actuel.

Tous les modes de production passés n’ont visé qu’à atteindre l’effet utile le plus proche, le plus immédiat du travail. On laissait entièrement de côté les conséquences lointaines, celles qui n’intervenaient que par Ia suite, qui n’entraient en jeu que du fait de la répétition et de I ‘accumulation progressives. La propriété primitive en commun du sol correspondait d’une part à un stade de développement des hommes qui limitait somme toute leur horizon à ce qui était le plus proche, et supposait d’autre part un certain excédent de sol disponible qui laissait une certaine marge pour parer aux conséquences néfastes éventuelles de cette économie absolument primitive. Une fois cet excédent de sol épuisé, la propriété commune tomba en désuétude. Toutes les formes de production supérieures ont abouti à séparer Ia population en classes différentes et, par suite, à opposer classes dominantes et classes opprimées; mais en même temps l’intérêt de la classe dominante est devenu l’élément moteur de la production, dans Ia mesure où celle-ci ne se limitait pas à entretenir de la façon la plus précaire d’existence des opprimés. C’est le mode de production capitaliste régnant actuellement en Europe occidentale qui réalise le plus complètement cette fin. Les capitalistes individuels qui dominent Ia production et l’échange ne peuvent se soucier que de l’effet utile le plus immédiat de leur action. Et même cet effet utile – dans la mesure où il s’agit de l’usage de l’article produit ou échangé – passe entièrement au second plan; le profit à réaliser par la vente devient le seul moteur.

(…)

Vis-à-vis de la nature comme de la société, on ne considère principalement, dans le mode de production actuel, que le résultat le plus proche, le plus tangible; et ensuite on s’étonne encore que les conséquences lointaines des actions visant à ce résultat immédiat soient tout autres, le plus souvent tout à fait opposées; … »

Une analyse contemporaine de ce que nous voyons se passer autour de nous, en Europe occidentale 2018 ?

Eh bien, non. Le texte a été publié sous le titre Anteil der Arbeit an der Menschwerdung des Affen  (Le rôle du travail dans la transformation du singe en homme), un texte de circonstance écrit par Friedrich Engels en 1876, et publié pour la première fois dans la Neue Zeit. Bd. 2. no 44, 1895-1896.

 

Silenzio

Door stilte te beschouwen als een interval tussen momenten van herrie zit Dorfles met een paradox: zonder herrie geen stilte. Dat is op zich niet lastig. Wat ik wel vervelend vind: Dorfles is een elitaire cultuurpessimist, die zelfs mij te ver gaat. Een ouwe zeur, dat was voor hem een wel heel toepasselijk begrip.
De integrale tekst op durieux.eu/blog/silenzio

Eolienne citoyenne

Il est triste de devoir constater qu’ à un moment où des citoyens s’engagent avec leurs ultimes moyens pour sauvegarder leur environnement, des organisations soi-disant citoyennes et écologiques les encerclent déjà comme des vautours, afin de pouvoir attaquer du moment que leur résistance ait échoué.

Prenons par exemple la coopérative Courant d’Air (SCRL FS avec siège social à Butgenbach/Elsenborn). Le ministre wallon de l’environnement et de l’aménagement du territoire, Di Antonio, voudrait que des organisations citoyennes soient impliquées dans la gestion de centrales éoliennes. Ah oui, évidemment; vu que dans le monde entier des riverains s’opposent à la destruction de leur environnement, il faut trouver des complices à première vue fiables qui veulent donner l’illusion que la population approuve et même profite de ces projets industriels. C’est le rôle que joue Courant d’Air dans huit projets éoliens en Wallonie. Et cette société à finalité sociale n’a pas de scrupules dans ce jeu. Regardons un peu son Rapport d’activités 2016.

En mars 2016 Courant d’Air a signé une convention avec Electrabel pour les droits de construction et d’exploitation d’une des six éoliennes prévues à Trois-Ponts. Pourtant, il était déjà clair en ce moment qu’une centrale éolienne à l’endroit prévu, en zone forestière, serait en infraction du Cadre de référence 2013. Ce Cadre de référence est le document du gouvernement wallon qui contient « des orientations propres à encadrer l’implantation des éoliennes d’une puissance supérieure à 100 kW* en Wallonie ». Or, ce texte stipule que des éoliennes ne peuvent être implantées en zone forestière qu’à condition qu’elles soient établies « en continuité d’un parc existant ou d’un projet de parc situé en dehors de la zone forestière ». Ceci ne serait clairement pas le cas à Trois-Ponts. En fait, Electrabel a admis que l’on devrait attendre un précédent ailleurs (c.à.d. à Lierneux), où le Conseil d’Etat devrait d’abord accepter cette dérogation du Cadre de référence, pour pouvoir persister à Trois-Ponts. Une dérogation du Cadre de référence à Lierneux signifierait donc un précédent qui mettrait une fin à la protection des forêts contre l’implantation de centrales éoliennes. Adieu forêts ardennaises.

Tout cela pourtant ne gêne pas Courant d’Air. Non seulement la coopérative « assume 1/6 des coûts de développement et prend ainsi sur elle le risque du développement », elle s’engage également « à faire le travail de communication nécessaire pour rallier les citoyens et les administrations au projet ». Beau travail de mercenaire au profit d’Electrabel.

Courant d’Air a essayé de répéter ce truc avec EDF Luminus et la commune de Lierneux pour le projet éolien à Lambiester. Selon le compromis convenu avec Luminus, Courant d’Air « recevrait entre 1 et 1,5 éoliennes », variant selon un accord encore à conclure avec la commune. Là, quelque chose a cloché (en 2016) ; le collège de Lierneux ne voudrait pas s’impliquer dans plus d’une seule éolienne. Néanmoins, « Comme mentionné dans l’introduction, le projet se trouve au Conseil de l’Etat (sic). Courant d’Air essayera à nouveau au moment opportun de rallier la commune à sa proposition ».

Ce qui ne cesse de surprendre dans tout cela est l’acharnement avec lequel compagnies énergétiques, administrations régionales et locales, et sociétés coopératives continuent à essayer de faire avaler à une partie de la population des initiatives industrielles et polluantes qui constituent une menace pure et simple pour leur environnement et leur bien-être général.