Colonialisme vert

Depuis longtemps chacun.e en Europe occidentale est en mesure de suivre toutes sortes d’infos à propos de la covid-19 et la consommation d’animaux sauvages, de zoonoses et des effets de la pandémie pour le tourisme, ou des conflits entre agriculture et gestion des ressources naturelles. Dans un long article sur Africa is a country l’ « écologiste carnivore » Kényan Mordecai Ogada se penche sur les relations entre protection environnementale, tourisme et survie dans le Kenya d’aujourd’hui. Son texte commence par souligner l’hypocrisie occidentale dans la critique sur la façon dont les Chinois se comportent par rapport à de la nourriture vivante. Mais après, Ogada se tourne vers la situation dans son pays. Je reprends son texte dans ses grandes lignes.

Depuis cent ans, le Kenya est un exemple type de tout ce qui va bien ou mal en Afrique dans la relation entre gestion environnementale et tourisme. (Dans les médias surgissent encore toujours des photos de gars (m/f) posant fièrement sur un lion ou un éléphant qu’ils ont tué pour le sport, mais savez-vous que pendant un safari en 1909 le président étatsunien Theodore Roosevelt et sa compagnie ont réussi un vrai carnage en abattant plus de 11.000 animaux, dont plusieurs espèces des « cinq grands »: lion, léopard, éléphant, buffle et rhinocéros ?) Mais bon, à cause d’interdictions de voyager et de confinements le tourisme en Kenya s’est pratiquement effondré. Comme il n’y a plus de touristes étrangers, les installations existantes ont un besoin urgent de clients autochtones et locaux – un public que l’on ne voulait à peine connaître auparavant.

C’est surtout dans les réserves naturelles que la tragédie se déroule vraiment. C’est là en effet que les ONG de protection environnementale ont depuis longtemps sorti le grand jeu à convaincre des communautés réticentes de pasteurs et d’éleveurs à partager leur aménagement avec les animaux sauvages. Il fallait bien alors que ces communautés renoncent à leurs moyens de vivre et à leur identité basée sur l’élevage. Pour les environnementalistes le paysage n’appartiendrai pas aux hommes, mais au monde des animaux. De toute façon, ce décor naturel ne contient pas de valeur culturelle intrinsèque, de sorte que, comme les touristes, eux s’intéressent à la faune sauvage, il serait mieux pour les éleveurs de faire appel à ces passants-là pour contribuer à leur subsistance. En contrepartie de subventions (argent gratis !) les communautés locales se retireraient vers les bords du décor et mettraient les plus belles parties à disposition des animaux sauvages, qui de leur part attireraient les touristes. Il ne leur restera que de jouer les gardiens, garçons, cuisiniers, etc.

Depuis la flambée de la covid-19 ces communautés locales souffrent de plusieurs formes de pauvreté. Maintenant que le tourisme s’est effondré, elles dépendent de distributions alimentaires. Chacun ne comprenant qu’un brin de l’économie de l’élevage sait, selon Ogada, qu’il a toujours été inconcevable pour une communauté de pasteurs et d’éleveurs d’être dépendante de distributions alimentaires. Mais le culte de la protection de la nature a sapé la résilience de communautés entières. Deux cents ans après la première invasion, l’Occident a réussi encore à mettre l’Afrique à genoux en la rendant dépendante.

Le monde devrait se rendre compte de la menace qui émane du mouvement mondial de protection de la nature comme il s’est développé à l’Occident. La façon dont il poursuit ses objectifs est impitoyable et elle manifeste selon Ogada toutes les caractéristiques d’un culte. D’un côté la jeunesse africaine se débat avec les visions de nonagénaires occidentaux comme David Attenborough, qui dans ses docus nature néglige consciemment les populations humaines ; de l’autre côté les dirigeants africains se laissent sermonner par une adolescente européenne dont l’assurance éloquente et le manque de compréhension ne laissent aucune place au moindre doute de soi-même. Et tandis que des étudiant.e.s africain.e.s peinent à se faire entendre dans le monde académique, ils et elles sont confronté.e.s à des théories dérisoires selon lesquelles la moitié de la terre devrait être protégée en faveur de la biodiversité. Ce que l’on omet à dire est que cette moitié se situerait majoritairement dans le Sud mondial, vu que c’est là que se trouve en premier lieu une biodiversité assez importante pour des mesures tellement draconiennes. Les Nations Unies et d’autres instances internationales, comme la Convention pour la Diversité Biologique, semblent avoir repris l’idée. On propose maintenant d’élargir la proportion du paysage global qui serait soumise à des mesures de protection environnementale de 14 % à 30 %. Pour Ogada, réaliser un tel objectif reviendrait à du génocide.

Ce petit texte est basé sur des fragments de l’article What Chinese people eat. J’ai publié la version originale en néerlandais le 16 novembre, mais voilà que deux jours plus tard je trouve sur Le monde diplomatique dans la rubrique des livres du mois le texte suivant d’Ali Chibani.

L’invention du colonialisme vert. Pour en finir avec le mythe de l’éden africain

Guillaume BlancFlammarion, Paris, 2020, 352 pages, 21,90 euros.

Précis et exhaustif, Guillaume Blanc, historien de l’environnement, décrit la manière dont, en Afrique, la transformation d’espaces agropastoraux en parcs naturels est encouragée par des organisations nées dans le contexte colonial. Investis par d’anciens administrateurs coloniaux, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le Fonds mondial pour la nature (WWF), l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco)… multiplient les actions motivées par le mythe de la « forêt perdue » dans une « Afrique plus naturelle qu’humaine », éden « à protéger contre des Africains destructeurs ». Appauvries et dépendantes du tourisme, les populations autochtones sont aussi expropriées à la demande d’organisations internationales qui exigent l’abolition des « droits humains individuels » dans les parcs naturels. L’exemple du parc national du Simien, en Éthiopie, témoigne du remplacement du « fardeau civilisationnel de l’homme blanc » par le « fardeau écologique de l’expert occidental ». L’auteur n’oublie pas de rappeler la complicité des dirigeants africains, avides « de la reconnaissance des institutions internationales et de leurs aides financières ».

Wilde dieren, Afrika en corona

In West-Europa kan iedereen al geruime tijd in de media de berichten volgen over de conflicten tussen landbouw en natuurbeheer, covid-19 en het eten van wilde dieren, over zoönose en de economische gevolgen van de pandemie voor het toerisme. In een lang artikel op de mooie website Africa is a country heeft de Keniaanse carnivore ecologist Mordecai Ogada het over de relaties tussen milieubescherming, toerisme en overleven in het Kenia van vandaag.  Zijn stuk, dat begint met een kijk op de westerse hypocrisie in de kritiek op hoe men in China omgaat met levend eten, komt na een tijd terecht bij de situatie in zijn land. Ik neem het hieronder in grote lijnen over; iedereen hier is inmiddels immers vertrouwd met natuurfilms, David Attenborough (laatst nog een idolaat stuk in De groene Amsterdammer), beelden van safari’s en wildreservaten, en de soms bitse discussies in deze streken tussen natuurbeschermers, boeren en klimaatactivisten.

Ogada begint met de vaststelling dat Kenia de laatste honderd jaar een typevoorbeeld was van al wat in Afrika goed en fout ging in de relatie tussen natuurbeheer en toerisme. (Nog steeds duiken er recente foto’s op van types die trots poseren op een olifant of een leeuw die zij voor de sport hebben doodgeschoten, maar wist je dat in 1909 een safari met VS-president Theodore Roosevelt erin slaagde meer dan 11.000 dieren om te leggen, waaronder verschillende exemplaren van the big game: olifant, leeuw, buffel, neushoorn en luipaard?) Nou goed, vanwege reisverboden en lockdowns is het toerisme in dat land vrijwel ingeklapt. De obsessie met buitenlandse toeristen (die er nu niet meer zijn) maakt dat de bestaande voorzieningen zich ineens moeten richten op mogelijke binnenlandse en lokale klanten – een publiek dat zij vroeger amper zagen staan.

Maar het is vooral in de natuurreservaten dat de ware tragedie zich afspeelt. Daar immers hebben ngo’s voor natuurbescherming lange tijd alles uit de kast gehaald om weigerachtige gemeenschappen van herders en veehouders ertoe te brengen hun landschap te delen met wilde dieren. Daarvoor moesten zij dan wel hun bestaansmiddelen en hun identiteit (die gebaseerd was op de veehouderij) opgeven  of tenminste zwaar in vraag stellen. De redenering van de natuurbeschermers was dat het landschap niet aan de mensen toebehoort, maar aan de dierenwereld, en dat die bovendien geen intrinsieke culturele waarde bezit. Toeristen zijn geïnteresseerd in wildlife, en dus konden de veehouders voor hun levensonderhoud voortaan beter een beroep doen op die arrivals, zoals zij in Kenia schijnen te heten. In ruil voor subsidies (gratis geld!) moesten de lokale gemeenschappen zich terugtrekken naar de randen van hun land, en de beste gedeelten daarvan ter beschikking stellen van de wilde dieren die toeristen zouden aantrekken. Zij moesten hun kudden inkrimpen en leren zich ten dienste stellen van de toeristen, als kelners, opzichters, koks, rangers en dergelijke.

Sinds de uitbraak van covid-19 lijden deze lokale gemeenschappen onder allerlei vormen van armoede. Nu het toerisme is ingestort, hangen zij af van voedselbedeling. Voor wie ook maar een beetje de economie van de veehouderij begrijpt, is het ondenkbaar dat gemeenschappen van herders en veehouders nu afhankelijk zijn van voedselbedeling – zeker in een jaar dat zoveel neerslag en grasgroei heeft gekend. De cultus van het natuurbehoud heeft het weerstandsvermogen van hele gemeenschappen ondermijnd. Tweehonderd jaar na zijn eerste inval is het Westen er weer in geslaagd Afrika op de knieën te krijgen door het van zich afhankelijk te maken.

De wereld moet zich bewust worden van de dreiging voor sociale stabiliteit die uitgaat van de wereldwijde natuurbeschermingsbeweging, zoals die tot stand is gekomen in het Westen. De manier waarop die haar doelen nastreeft is meedogenloos en vertoont alle kenmerken van een cultus. Negentigjarige westerlingen zoals Sir David Attenborough schrijven routineus toekomstdoelen voor aan de jongeren in het zuidelijk halfrond. (De global South is meer dan het zuidelijk halfrond; denk aan wat vroeger ‘de derde wereld’ heette – maar voor dit verhaal gaat het toch vooral om zuidelijk Afrika.) De natuurfilms die hij daarvoor inzet laten bewust menselijke bevolkingen uit beeld. En terwijl de Afrikaanse jeugd worstelt met de visies van oude westerlingen, worden hun leiders geconfronteerd met de vermaningen van een Europese tiener, verstrekt met de welbespraakte zelfverzekerdheid van iemand die in de verste verte zelfs niet de geringste kennis heeft die nodig is om ook maar een beetje twijfel te hebben aan zichzelf.

Terwijl Afrikaanse studenten proberen zich hoorbaar te maken in academia, worden zij geconfronteerd met bespottelijke theorieën, zoals de halve-aarde theorie van een gezaghebbende prof in Harvard. Volgens deze theorie zou de helft van de aarde ‘beschermd’ moeten worden ten bate van de biodiversiteit. Wat de voorstanders er niet bij vermelden is dat deze biodiversiteit zich overwegend bevindt in de tropen, aangezien de landen met gematigde temperaturen niet langer een biodiversiteit hebben die zulke drastische maatregelen verantwoordt. Dit soort theorieën in praktijk brengen, zou neerkomen op genocide, maar de wereld lijkt dat maar als heel normaal te accepteren wanneer de bescherming van het milieu wordt ingeroepen.

De Verenigde Naties en andere wereldwijde instellingen, zoals de Convention for Biological Diversity, hebben het idee overgenomen. Er wordt nu voorgesteld om de proportie land die valt onder milieubescherming op te trekken van de huidige 14 % tot 30 %. Het idee wordt van verschillende zijden ondersteund, maar daarbij zijn er twee opvallende constanten: het gaat steeds om witte mensen die dat doen, en het verschil in consumptiepatronen tussen henzelf en het zuidelijk halfrond komt daarbij niet ter sprake.

De term ‘het nieuwe normaal’ wordt tot misselijk maken toe te voorschijn gehaald om de wereld van na covid-19 aan te duiden. In werkelijkheid is het de manier waarop de volkeren en het leefmilieu van de global South zijn uitgebuit door het Westen, die abnormaal is. Nu gek genoeg de pandemie Afrika minder lijkt te raken dan de global North, heeft de coronacrisis misschien een en ander rechtgezet.

Het voorgaande is gebaseerd op fragmenten uit What Chinese people eat.

De wereld in je

Elders op deze blog zie je dat ik het ook doe: menselijk en niet-menselijk naast elkaar plaatsen, en dus een onderscheid maken tussen die twee categorieën. Volgens filosoof Emanuele Coccia is dat een vergissing. Zo stel je immers tegenover het menselijke een andere categorie die bestaat uit zaken die onderling niets met elkaar te maken hebben, bijvoorbeeld champignons, lieveheersbeestjes en olifanten – terwijl het helemaal niet evident is dat een lieveheersbeestje dichter bij een paddenstoel staat dan bij mensen.

Dit soort benadering leidt volgens hem tot een reductionistisch naturalisme, waardoor datgene wat de mens menselijk maakt teruggevoerd wordt tot een spel van blinde moleculen. Waarom zou je immers de zaak niet omdraaien, en onderzoeken hoe je datgene wat de mens menselijk maakt (rationaliteit, taal, spiritualiteit) ook terugvindt bij elke andere levensvorm, zij het iedere keer in een verschillende vorm of verschijning?

Emanuele Coccia wordt uitgebreid geïnterviewd hierover in SOLDES almanach #6  uit 2019, in pre-coronatijden dus. Zijn stelling is dat het meest wezenlijke onderlinge verband tussen levende wezens niet loopt via de genetica of de voortplanting, die een grote familie van levende wezens zou doen ontstaan met onderling verschillende graden van verwantschap, maar “on est tous interconnectés parce qu’on ne cesse pas de manger les autres : chaque jour, vous mangez des êtres d’autres espèces”.

Wat maakt dan onder alle levende wezens juist bomen en planten bijzonder? Dat zij geen andere levende wezens eten. De natuur vertoont een ongehoord geweld: iedereen en alles eet alles en iedereen. Alleen de planten worden opgegeten, zonder dat zij zelf anderen eten. Dat betekent echter niet – zoals Peter Wohlleben wel lijkt te suggereren – dat je het samenleven van bomen en planten kan gebruiken als een model voor maatschappelijk samenleven. Want zelfs als planten een familieleven hebben en geen andere levende wezens eten, blijft toch dat zij zelf leven om gegeten te worden.

Voor Coccia is het een mysterie dat het blijkbaar het einddoel is van elk levend wezen om opgegeten te worden door andere levende wezens. Maar op die manier transformeert iedereen iedere keer wel opnieuw de ander tot zichzelf: je neemt de substantie of het vlees van een ander levend wezen en maakt het tot een deel van je eigen lichaam. En dat eigen lichaam deel je weer met de wereld. « D’un côté, il y a l’appropriation d’une partie du monde, pour en faire la chair de sa propre chair; de l’autre une partie de notre propre corps est restitué au monde, pour en faire un mobilier de cet univers vaste et infini. Avec le souffle, sujet et objet, moi et environnement, contenant et contenu ne cessent pas de changer de place. »

De daad van het ademen zelf toont inderdaad al dat het onderscheid tussen jou en de rest van de wereld materieel gezien een illusie is; het ademen dwingt je de hele tijd om je te vermengen met wat rondom je bestaat. Ademen betekent de substantie van de wereld tot je nemen en ze transformeren tot ik, of in de woorden van Coccia, een voortdurende constructie en deconstructie van jezelf. Dat maakt de relatie tussen mensen en andere levenden tot meer dan een puur morele relatie van respect; het is een vooral een intieme relatie, waarin gelijk welk levend wezen tegelijk deel uitmaakt van je verleden en van je toekomst.

Hout of woud

In 2019 lanceerden Jeff Gibbs en Michael Moore hun film Planet of the humans, waarin zij nogal wat pretenties in verband met ecologische transitie doorprikten. Dat lokte kritiek uit: de informatie die de makers gebruikten zou achterhaald en misleidend zijn (zie mijn eerder bericht Green capitalism.e vert).

Een belangrijk deel van de film gaat over de verwoesting wereldwijd van wouden. Die moeten voor een groot deel plaats maken voor agro-industrie, die dan weer alternatieven produceert voor fossiele brandstoffen; een ander deel van de bossen wordt gekapt om biomassacentrales te voeden, die zo ‘groen gas’ kunnen produceren. Gibbs en Moore gaan uitgebreid in op de ongerijmdheid van het vernielen van wouden – de meest banale media noemen ze de ‘groene longen van de aarde’ – voor de productie van ‘groene energie’. Dit soort ecologische transitie is gebaseerd op kaalslag, vernietiging van biodiversiteit en de destructie van planten die kooldioxide kunnen opnemen. Zou dit achterhaald en misleidend zijn?

In Kopenhagen hebben onlangs nog 220 wetenschappers en 32 milieubeschermingsorganisaties bij de regering en het parlement geprotesteerd tegen de Deense betrokkenheid bij de grootschalige verwoesting van wouden in Estland. Denemarken is een van de Europese landen waar het meest hout gebruikt wordt voor de opwekking van energie. Die Denen, lekker bij de houtkachel, ja, gezellig en natuurlijk; maar ook veel stadsverwarming draait op brandhout. Bijna twee derden van de hernieuwbare energie komt voort uit de verbranding van houtbiomassa; de rest is wind en zon.

Tegelijk heeft Denemarken een van de kleinste woudoppervlakten in de EU. Dus moet meer dan 90 % van het energiehout geïmporteerd worden, vooral uit Estland, zo blijkt. En daar worden dus op grote schaal bomen gekapt om ze om te zetten in pellets, waarvan dan weer 58 % van de export naar Denemarken gaat. Die cijfers zeggen nog niet zoveel over de fysieke hoeveelheid bos die eraan gaat.

Volgens Estonian Forest Aid zou de jaarlijkse kap van 8 miljoen kubieke meter bos nog als duurzaam kunnen worden beschouwd, maar nu wordt er al meer 10 miljoen kuub per jaar gekapt, en de houtbedrijven zouden naar 15 miljoen willen gaan. Die Estse 10 miljoen m3 wordt ‘geoogst’ op een totale woudoppervlakte van ongeveer 2 miljoen hectare. In Wallonië leveren een kleine 550.000 ha bos jaarlijks zo’n 3 miljoen m3 aan hout op. Met andere woorden, relatief gezien is de productie van hout in Wallonië net iets destructiever dan die in Estland, maar rekenkundig kloppen de verhoudingen.  Als voor de productie van 3 miljoen kuub in Wallonië 550.000 ha woud nodig is, dan is inderdaad voor de Estse productie van 10 miljoen kuub rekenkundig 1,83 miljoen hectare vereist. Daar kan ik mij nog steeds niks bij voorstellen. Laat ik er maar van uitgaan dat tien miljoen kubieke meter hout heel veel bos is. Toen een paar jaar geleden in Lierneux zes hectare woud gekapt werd voor de aanleg van een windturbinezone, was dat op mensenmaat al een serieus bos dat eraan ging – hoe moet je je dan 1,83 miljoen hectare voorstellen? (Het betekent natuurlijk niet dat er 1,83 miljoen ha gekapt wordt; wel dat de productie van 10 miljoen kubieke meter hout een totale bosoppervlakte veronderstelt van bijna 2 miljoen hectare – heel veel dus.)

Nu wordt houtverbranding voor de gemakkelijkheid als klimaatneutraal beschouwd, omdat er daarbij niet meer CO2 vrijkomt dan de bomen al eerder uit de atmosfeer hebben opgenomen. Daarbij vergeet men dan wel dat die bomen er een heel leven over gedaan hebben om al die koolstofdioxide op te nemen, maar dat die bij verbranding in een keer weer vrij komt. Los daarvan is het gekke natuurlijk dat goede en gezonde bomen die er jaren aan besteed hebben om een bos te worden, gekapt en gehakseld worden tot pellets en biomassa, om dan verbrand te worden voor de productie van ‘groene’ energie. Ik zou denken: had dat bos laten staan, met al zijn fauna en flora en biodiversiteit, en geniet daar van.

Daarmee heb je dan geen verwarming, nee, maar er zullen wel methoden van energieopwekking zijn die minder schade toebrengen aan de natuur en de leefomgeving. Dat is het waar Gibbs en Moore de vinger op leggen, en waartegen ook de Deense critici protesteren: voor de productie en verkoop van ‘groene’ energie wordt elders en uit het zicht van de consument door grote bedrijven op grote schaal duurzame natuur vernietigd.

Enfin, Planet of the humans heeft ook een Frans ondertitelde versie: Planète des humains ou Comment le capitalisme a absorbé l’écologie.

Green capitalism.e vert

Planet of the humans/Planète des humains ou Comment le capitalisme a absorbé l’écologie.

Le documentaire de Jeff Gibbs et Michael Moore date de 2019 et il vaut toujours la peine de le regarder – en plus, il en existe une version sous-titrée en français.

Jeff Gibbs’ and Michael Moore’s documentary dates from 2019 and is still worth watching. Its critics claim the film is partially outdated and misleading. Well yes, factual situations change over time – but what surely hasn’t changed is the continuous rampage and plunder and devastation and displacement of (indigenous) people, animals, forests and ‘nature’.

On 29 July, 2020 Global Witness’ annual report revealed the highest number of land and environmental defenders murdered on record in a single year, with 212 people killed in 2019 for peacefully defending their homes and standing up to the destruction of nature. The NGO also highlights the ongoing pattern of indigenous communities disproportionately attacked for standing up for their rights and territories – despite research showing that indigenous and local communities manage forests that contain the equivalent carbon of at least 33 times our current annual emissions. In 2019 the Amazon region alone saw 33 deaths. 90% of the deaths in Brazil occurred in the Amazon.

Les détracteurs du film prétendent que celui-ci est partiellement dépassé et trompeur. Ben oui, avec le temps des faits et des situations évoluent – mais ce qui n’a pas changé du tout sont le ravage, le pillage, la destruction et le déplacement continus de peuples (indigènes), d’animaux, de forêts et de la ‘nature’.

Le 29 juillet 2019 le rapport annuel de Global Witness a dévoilé un sombre record de défenseurs des droits à la terre et de l’environnement assassinés en une seule année : 212 personnes ont été tuées en 2019 pour avoir défendu pacifiquement leurs maisons et s’être opposées à la destruction de la nature. L’ONG souligne également le fait qu’en ce moment les communautés indigènes subissent des attaques disproportionnées pour avoir défendu leurs droits et leurs territoires. Pourtant les recherches montrent que les communautés indigènes et locales gèrent des forêts qui contiennent l’équivalent en carbone d’au moins 33 fois nos émissions annuelles actuelles.

Bien sûr, Planète des humains est très étatsunien de contenu et de style, mais les pratiques que le documentaire dénonce n’ont certainement pas cessé, ni en Europe, ni de la part de par exemple la Chine (en Afrique, en Amérique du Sud).

And yes, Planet of the humans is very US-American in content and style, but the practices it describes have not ceased, nor in Europe, nor as performed by for instance China (in Africa, in South America). Forests are still ravaged for the production of biomass or the implantation of industrial wind turbine areas; devastations caused by fracking and the production of shale gas have never stopped. And what also goes on are the greenwashing and the continuous propaganda in all media and politics for a ‘green capitalism’.

Planet of the humans shows in detail how innumerable ‘green’ initiatives are really not much more than yet another vehicle to produce profit for banks, oil companies, the fossil energy industry and every kind of business attracted by subsidies and the promise of new markets. About environmental activists Gibbs and Moore ask themselves: “… I wonder, what are they hiding? And why are they hiding it? Is it their ignorance? Or is it something else? What if they themselves had become a  (inarticulate)? What if they’d made some kind of deal they shouldn’t have made?”

La dévastation de forêts pour la production de biomasse ou pour l’implantation de zonings éoliens n’a jamais cessé ; il y toujours des initiatives de fracking et d’exploitation de gaz de schiste. Et ce qui continue également sont l’écoblanchiment et la propagande permanente dans les média et la politique pour un ‘capitalisme vert’.

En effet, le documentaire montre en plein détail comment d’innombrables initiatives « vertes » ne sont en réalité qu’un vecteur de plus au profit de banques, compagnies énergétiques, producteurs d’énergies fossiles et tout autre entreprise attirée par les subventions et la promesse de nouveaux marchés. A propos des écologistes actifs, Gibbs et Moore se demandent donc: « … que cachent-ils ? Et pourquoi ? Est-ce un problème d’ignorance ? Ou autre chose ? Et s’ils avaient, eux-mêmes, été menés en bateau ? Et s’ils avaient passé une sorte d’accord, qu’ils n’auraient pas dû passer ? »

Alors, voici Planète des humains ou Comment le capitalisme a absorbé l’écologie, sous-titré en français. Le film dure 1h 40’, mais on peut aisément y entrer et sortir à n’importe quel moment.

The film takes 1:40, but it’s very easy to get in and out at any moment you wish. Here’s the original version.

Natagora et l’éolien

« Mais, plus récentes et totalement inacceptables, sont les installations d’éoliennes en forêt. Car, oui, aujourd’hui, on grignote des forêts en Région wallonne pour installer des éoliennes ! » C’est Natagora qui l’écrit sur son portail, caractères gras et point d’exclamation inclus. Auraient-ils vu la lumière en 2020, ces protecteurs (f/m) de la nature autoproclamés wallons et bruxellois ? L’implantation de zonings éoliens en forêt n’est pourtant pas un phénomène récent. Mais quand EDF Luminus et la commune de Lierneux décidèrent en 2015 de déboiser six hectares pour l’implantation de six éoliennes, on ne les a pas entendus.

Selon Natagora il est essentiel que les luttes contre le réchauffement climatique et contre l’érosion de la biodiversité soient menées conjointement. « Et c’est là où le bât blesse. » Pour ce qui est des ambitions climatiques (= énergétiques) de la Région wallonne, l’organisation constate : « De nombreux projets éoliens émergent un peu partout sur le territoire. Le Plan air climat énergie wallon (PACE) 2030 prévoit d’atteindre une production d’électricité éolienne de 4 600 GWh/an à l’horizon 2030. Aujourd’hui, la production atteint 3 115 GWh/an. Si tous les projets soumis venaient à se réaliser, on atteindrait un total de 7 270 GWh/an. Tous ne verront bien sûr pas le jour, mais on a largement de quoi atteindre les objectifs 2030. »

Or, la construction de zonings éoliens a, toujours selon Natagora, un impact certain non seulement en ce qui concerne des questions paysagères, de bruit ou d’effets stroboscopiques, mais également en matière de protection de la biodiversité. Et de s’étendre un peu sur les menaces pour les oiseaux des plaines, pour le milan (en Haute Ardenne – où d’ailleurs Lierneux est situé), pour les chauves-souris, … Mais aussi sur le sol l’implantation de zonings éoliens a une emprise non négligeable : « Au-delà de la nécessaire préservation d’un cortège d’espèces fragilisées par la présence d’éoliennes, il est important de prendre également en compte l’emprise des parcs éoliens sur le sol. Au-delà des quelques mètres carrés nécessaire à l’implantation d’un mât, il faut imaginer les zones de sécurité et le charroi généré par le montage, l’utilisation et l’entretien des infrastructures. [-] Mais, plus récentes et totalement inacceptables, sont les installations d’éoliennes en forêt. Car, oui, aujourd’hui, on grignote des forêts en Région wallonne pour installer des éoliennes ! Cette artificialisation a des impacts sur la forêt en tant que paysage et espace naturel : création de route et de zones techniques rompant la tranquillité et l’unité des massifs, installation permanente de grandes infrastructures affectant les paysages, compaction des sols forestiers, risque d’apport d’espèces invasives, mortalité directe de certaines espèces, perte d’habitats pour d’autres. »

Il y a quoi de neuf là ? Si l’on avait écouté un peu les riverains et les populations touchées, l’organisation aurait pu savoir tout cela depuis des années. Pour la commodité les auteurs oublient d’ailleurs de mentionner les effets dévastateurs sur la qualité de vie des riverains.

Le texte conclut : « Bref, ce qui pourrait ressembler ici à un réquisitoire contre les éoliennes n’est en fait qu’une objectivation de leurs impacts. Natagora ne s’oppose pas à l’éolien, loin de là. À l’heure actuelle, nous n’avons d’ailleurs intenté de procédure juridique que dans trois dossiers sur les trente-deux projets en recours comptabilisés au 31 décembre 2019. Par contre, nous réclamons ardemment un cadre de référence réglementaire. Au-delà des questions de biodiversité, la situation est aujourd’hui tout à fait chaotique. Chaque situation fait s’opposer, au cas par cas, spéculateurs (belges ou étrangers), coopératives citoyennes, voisins, communes et associations de protection de la biodiversité.

Pour minimiser les impacts sur la biodiversité, il est impératif de s’éloigner des sites sensibles. Et une planification à l’échelle régionale est indispensable pour prendre en compte les effets cumulés des projets. Mais dès qu’une tentative de cartographie positive voit le jour, des pressions énormes montent des pouvoirs locaux pour ne pas voir s’implanter des parcs sur les territoires qu’ils gèrent. D’autres communes, moins regardantes, empochent donc des sommes rondelettes pour l’implantation anarchique de parcs en mauvaise situation. Il est plus qu’urgent que le politique remette sur le métier la planification du développement éolien, comme commencé en 2013. C’est pour Natagora la seule façon de concilier l’atteinte des objectifs énergétiques et des objectifs biodiversité. Tant que cela ne sera pas fait, il ne sera plus possible, à qui que ce soit, de motiver adéquatement un projet éolien. »

Un cadre de référence, il y en a un, datant de 2013 et déterminant les critères à respecter pour l’implantation d’éoliennes ; mais comme les auteurs le formulent eux-mêmes, ses dispositions sont assez souvent « allègrement outrepassées ». Et en ce qui concerne les procédures juridiques dans lesquelles Natagora a rejoint les adversaires des zonings éoliens : le petit nombre (trois sur trente-deux) démontre déjà le peu d’engagement de l’organisation.

Dans une note, le texte mentionne qu’une de ces procédures est dirigé contre « des collectifs citoyens qui tentent de faire leur part en terme de lutte contre le réchauffement climatique ». Assez triste, dit-on, parce qu’ainsi certaines parties de la société civile sont amenées à s’opposer à d’autres. Bof, ce n’est pas parce que certains groupements se présentent en tant que collectifs citoyens ou coopératives, qu’ils ne soient pas conduits par la soif de profit à court terme, ou qu’ils ne fonctionnent comme couverture pour des entreprises énergétiques – et tout cela sur le dos des riverains et en méprisant la biodiversité et l’environnement que Natagora est censé défendre. On pourrait penser p.e. à la coopérative Courant d’Air. Dans son rapport annuel 2016 elle mentionne, à propos de sa collaboration avec Electrabel dans la construction d’un zoning éolien en forêt à Trois-Ponts, qu’elle s’engage « à faire le travail de communication nécessaire pour rallier les citoyens et les administrations au projet ». Le collectif citoyen comme alibi.

Je ne sais pas très bien quoi penser de ce texte de Natagora. Si l’on veut croire à sa sincérité, il me semble un exemple typique du trop peu, trop tard ; les humains et la biodiversité mériteraient une meilleure protection que celle qu’offre l’organisation. D’autre part, le moment de parution me fait douter de ses intentions. En novembre 2017 le Conseil d’Etat annula un arrêté wallon de 2014 qui fixait les conditions sectorielles pour l’éolien, en maintenant toutefois ses effets pour une durée de trois ans. Cette période vient à échéance cet automne, et il est donc devenu urgent pour le gouvernement wallon et les promoteurs éoliens d’établir une nouvelle réglementation des constructions éoliennes –valide cette fois-ci. L’enquête publique, qui était une conditio sine qua non pour la légalité du nouvel arrêté vient d’être close ce mi-mai. Natagora, qui ne cesse d’insister sur l’urgence d’une planification réglementaire du secteur éolien, devrait donc soutenir de tout cœur l’initiative récente du gouvernement wallon pour ce qui s’appellera dorénavant « Arrêté du Gouvernement wallon portant conditions sectorielles relatives aux parcs d’éoliennes d’une puissance totale supérieure ou égale à 0,5 MW » et « Arrêté ministériel relatif aux études acoustiques des parcs éoliens ».

Or, dans l’enquête publique ces deux projets de plan ont fait l’objet d’un commentaire très critique de la part de 49 comités locaux et de 400 personnes, qui ont contribué à ou souscrit le texte publié et soumis par l’asbl VentdeRaison – WindmetRedelijkheid. Une critique générale est que – encore une fois – les textes que le gouvernement wallon a soumis à enquête publique et les modalités de celle-ci ne répondent pas aux exigences que posent les normes européennes en matière de consultation publique « relative à l’évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l’environnement ». Ce qui signifie : la soi-disant enquête publique était en large mesure un leurre, et en tant que tel rendra les deux arrêtés projetés légalement non valides. En conclusion pourtant, VdR-WmR est plus généreux :

Le premier document (projet de conditions sectorielles) est à rejeter. Il est notamment incomplet, partial, propose des modifications contraire au principe de standstill.

Le second document (projet d’arrêté ministériel) pourrait être accepté conditionnellement pour autant que les commentaires soient incorporés (voir commentaires détaillés) et l’aspect spécifique du bruit issu des éoliennes spécifiquement adressé.

Que va faire Natagora ? Se taire et se réjouir que le gouvernement wallon décrétera une nouvelle réglementation sur les éoliennes – même si celle-ci se débarrasse de toute participation de la population ? Or appeler à la résistance, afin de réellement contrer les attaques des promoteurs éoliens à la biodiversité et la qualité de vie des riverains ?