Prévention

Ceux et celles d’entre vous qui ne vous identifiez pas encore comme victimes, vous pourriez toujours le devenir un jour: une Victime ! De quoi ou de qui, cela n’est pas encore tout à fait clair, mais mieux vaut être prudents ; le danger est tapi dans l’ombre – ou dans la nature, comme à Stuttgart.

L’hebdomadaire local Kontext :Wochenzeitung rend compte de la construction des nouveaux bâtiments de la prestigieuse John-Cranko-Balletschule. En 2015 fut convenu explicitement entre toutes les parties intéressées que longeant la nouvelle école il y aurait un espace vert public : des prés, des arbres, des bancs et un sentier serpentant avec une plateforme donnant vue sur la ville. Les visualisations du cabinet d’architecture en donnent un aperçu. (Remarquez le petit personnage dans l’herbe.)

01_stuttgart

Les bâtiments sont loin d’être prêts, mais déjà l’école et la commune ont décidé qu’il n’en sera rien de l’espace vert public. A cause, dit le directeur de la Balletschule, du danger de « voyeurisme ». Il a réussi à convaincre le service communal urbanisme et milieu, qui relève directement de la responsabilité du bourgmestre lui-même, le Vert Peter Pätzold. Contrairement aux avis négatifs de son parti et du conseil du district, le bourgmestre a décidé que dorénavant il n’y aura pas de traversée le long de l’école. Le directeur ne mentionne même plus l’espace vert public, il parle maintenant du « jardin de l’école ».

Selon lui, bien qu’aucun cas de voyeurisme ne lui soit connu, il s’agit de simple prévention, étant donné que « les grandes fenêtres peuvent attirer de mauvais spectateurs » (falsche Zuschauer anlocken). La solution que choisissent certaines piscines, comme des jalousies ou du film protecteur, il la rejette : « On ne va pas s’enfermer ». Non, le directeur et ses élèves ne vont pas s’enfermer ; ce qu’ils préfèrent, lui et le bourgmestre Vert, c’est l’exclusion du reste de la population au nom d’une victimisation hypothétique (tandis que la victimisation réelle des élèves est à chercher plutôt dans la « culture de discipline militaire et de drill envers la création de corps anorectiques », comme déclare une ancienne professeure de danse).

Je me demande : le directeur et le bourgmestre, craignent-ils vraiment que des hommes (et des femmes) viennent se satisfaire devant les vitres, bavant sur les corps tordus et émaciés de ces filles et garçons ? Ou bien, est-ce qu’ils ont peur des procédures et des campagnes sur les média sociaux, dès qu’un parent s’imagine que sa progéniture soit l’objet d’intérêt d’un.e « voyeur.e » quelconque ? Jusqu’ici rien ne s’est passé, mais victime il y aura – si ce n’est que la population locale.

 

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