Une autre pandémie

On aurait tendance à l’oublier en ces temps de corona, mais en ce début du 21ème siècle, il y a toujours le VIH et le sida. A travers le monde environ 37 millions de gens seraient séropositifs, dont septante pourcent vivant en Afrique. Pendant le dernier quart de siècle, plus de 26 millions de personnes y sont décédées à la suite du sida. Et bien qu’il y ait d’énormes différences entre les phénomènes du VIH/sida et du SRAS-CoV-2/covid-19, cela vaut la peine de se souvenir de l’histoire du sida. Comme le sida dans les années 1980, la pandémie actuelle du covid-19 renforce les crises sociales ou politiques déjà existantes. Et dans les deux cas, on trouve les mêmes sortes de présomptions en ce qui concerne la vie d’après l’épidémie. Ou bien on croit que tout n’était pas si mal avant, et que la crise actuelle signifie le collapsus final de tout ce que la civilisation a atteint ; ou bien on considère la crise comme l’adieu à un système obsolète et comme point de départ pour élaborer un futur plein d’espoir.

Au moment où la prise de conscience du sida atteignit son apogée en Europe occidentale et l’Amérique du nord, au milieu des années 1980, l’infection par le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) et le syndrome connexe du sida (syndrome d’immunodéficience acquise) paraissaient en premier lieu une affaire d’homosexuels mâles et d’usagers de drogues illicites par voie intraveineuse (udvi). Aujourd’hui en Belgique les udvi semblent avoir tout à fait disparu des statistiques du sida. D’une part il y avait jusqu’il y a peu une nette tendance à la baisse de la pratique d’injection intraveineuse, d’autre part les dispositifs de consommation hygiénique (échange de seringues, salles de consommation à moindre risque, programmes de substitution d’opioïdes/méthadone) ont probablement aussi contribué à cette évolution – sans oublier pourtant la persistance possible du jugement moral que des consommateurs de drogues illicites ne sont pas nécessairement une catégorie à prendre au sérieux. De nos jours en Belgique les groupes principaux touchés par le VIH sont les hommes ayant des relations homosexuelles et des femmes et des hommes hétéro d’origine africaine sub-saharienne. En général la proportion des plus de cinquante ans est en hausse.

Il y a une différence majeure entre la gestion du sida de l’époque et celle de covid-19. Pour une bonne part elle est due à l’interprétation du phénomène, la signification que l’on donne à la maladie ou l’épidémie et aux malades – et cela à son tour détermine en grande partie l’ampleur et la qualité de la prévention et des infos à la population. Comme les premières personnes infectées du VIH semblaient être ou bien des homosexuels, ou des toxicomanes, ou encore des africains, il était bien simple de stigmatiser ces groupes. S’ils tombaient malades, c’était qu’ils l’avaient cherché eux-mêmes. Sexualité déviante, consommation immorale de stupéfiants, origine ethnique mystérieuse … ça ne rate jamais pour imposer la responsabilité du mal. Ces gens-là étaient responsables eux-mêmes de ce qui leur arrivait.

Jusqu’ici ce mécanisme de stigmatisation semble rester absent dans la gestion de la pandémie du covid-19 (bien qu’en Turquie le président Erdogan et le chef suprême de l’islam étatique pointent du doigt précisément les homosexuels (m/f) pour la décadence sociale et les maladies et les contagions que celle-ci implique). Tout ceci pourtant pourrait changer dans les semaines qui suivent, lorsque le déconfinement prendra forme. Depuis plusieurs semaines la règle générale est celle du confinement, et les exceptions accordées sont donc des exceptions à une situation d’anormalité. Mais bientôt la situation sociale deviendra de plus en plus « normale » (en Italie on parle de convivenza con il virus – cohabitation avec le virus) et les gens qui ne pourront pas – pour diverses raisons – jouir pleinement de tous les droits auxquels tout le monde était habitué avant, formeront des exceptions dans une situation de normalité. Il sera probablement plus difficile d’accepter que l’on soit obligé de rester en confinement tandis que « tous les autres » sont libres, que de se trouver confinés comme tout le monde, à l’exception de ceux et celles qui garantissent des services primordiaux. Ceux et celles qui n’auront pas droit au déconfinement seront des minorités. Et les minorités sont vulnérables.

Aussi longtemps que le déconfinement ne sera pas tout à fait général, il y aura des gens qui transgresseront les limites qui leur sont imposées, et qui courront donc le risque – en tout cas dans l’opinion publique – d’être responsables eux-mêmes d’une éventuelle contamination. Qui peut dire si, dans une situation normale et dans des conditions où l’épidémie semble surmontée, les personnes qui seront infectées malgré tout ne seront pas blâmées pour ce qui leur arrive ? Et là, ce ne sont pas que ceux et celles qui enfreignent les règles de leur propre gré qui seront visé.e.s, mais aussi tous les gens qui devront fonctionner dans des situations où l’on ne peut respecter les règles, même si on le voudrait de tout cœur : les sdf, tous ces travailleurs et travailleuses dans des ateliers ou des coiffeurs ou tant d’autres situations entassées, les écoliers, les prestataires de services sexuels … vous pouvez vous l’imaginer vous-mêmes. Et comme toujours, ce seront les pauvres et les démunis et les sans-papiers qui resteront les principales victimes aussi bien de la crise que de la post-crise.

Drogues et sida

Cela peut sembler paradoxal, mais une partie de la population n’a pas toujours considéré le sida comme juste une maladie mortelle. Pour le secteur des services de santé et d’aide aux usagers de drogues l’épidémie a débloqué des sommes d’argent considérables et beaucoup de gens ont gagné leur vie dans la recherche, les conférences, les publications, la politique et l’aide sociale en matière de drogues & sida. Mais aussi pour ceux et celles qui, à la fin des années 1980, cherchaient une nouvelle approche politique et sociale émancipatoire et respectueuse des consommateurs de drogues illicites, le sida a à un certain moment paru offrir un instrument ou une tactique intéressante.

En soi, il n’y a pas de relation entre le sida et des drogues – même illicites. Dans ce sens, les consommateurs de drogues ne forment donc pas un « groupe à risque » (une « communauté de parias », selon Susan Sontag dans AIDS and Its Metaphors). S’il y avait une relation plus que moyenne entre des consommateurs de drogues illicites et l’infection par le VIH, cela indiquait surtout que ces personnes, plus que certaines autres, étaient disposées à effectuer des activités plutôt hasardeuses. Dans une atmosphère générale de répression et de manque de pièces stériles, il y avait (assez) d’usagers par voie intraveineuse (udvi) qui partageaient leur seringues ou aiguilles avec d’autres gens – potentiellement contaminés. Il y en avait aussi que l’illégalité de leur dépendance menait à des activités hasardeuses sur le marché du sexe. Dans ce sens, le sida est un problème secondaire en matière de drogue : non propre à la drogue même, mais la conséquence d’une politique répressive.

En d’autres termes, il y a bien une relation entre le sida et la politique des drogues. Exactement comme la politique du sida, la politique en matière de drogues est prétendument en premier lieu une politique de santé publique. Néanmoins, ses aspects sanitaires sont définis dans le cadre de politiques pénales établies par divers traités internationaux et législations nationales. A la fin des années 1980, comme aujourd’hui d’ailleurs, il était clair qu’une politique de santé publique en matière de drogues devrait – entre autres – parer les effets néfastes de la politique judiciaire. Cette approche s’appelle depuis lors harm reduction – réduction des méfaits. Dans les pays occidentaux le sida semble devenu plutôt une affection chronique qu’une épidémie, mais sur l’échelle mondiale il y a toujours une forte relation entre la présence de VIH et les udvi. Des recherches récentes montrent qu’il n’y a qu’un pourcent des udvi qui vivent dans des pays avec des mesures de réduction des méfaits suffisantes ou accessibles. La plupart des gouvernements poursuit toujours des politiques de contrôle de drogues, poursuite et incarcération de consommateurs inclues, bien que les effets catastrophiques de la war on drugs pour la santé publique soient depuis longtemps bien établis.

Si traditionnellement la prévention en cas d’épidémie consiste en vaccination, isolation et désinfection, il y a bien sûr également l’aspect de l’information de la population concernée. Au Pays-Bas on s’est réalisé vers le milieu des années 1980 que pour être effective, l’information et la prévention du sida devraient être spécifiées selon les divers publics. C’est ainsi qu’on s’est rendu compte que les campagnes de prévention du sida destinées à des consommateurs de drogues illicites devraient avoir lieu dans le cadre d’une politique des drogues généralement prohibitive et répressive. Une campagne d’information-prévention destinée à des consommateurs de drogues illicites serait une campagne destinée à des déviants et des hors-la-loi, qui pour une part vivent leur vie et font leurs affaires dans des zones grises et des structures semi-légales.

Tout ceci menait régulièrement à des paradoxes et des contradictions. A Rotterdam par exemple, la police commença à un certain moment un programme d’échange de seringues pour les personnes arrêtées. En même temps elle continuait sa politique contre les points de vente d’une certaine envergure avec des perquisitions et des rafles qui chassaient les consommateurs vers les quatre coins de la ville – alors que c’est exactement par les circonstances hectiques dans lesquelles certains consommateurs (f/m) sont obligés à injecter leur produit qu’ils négligent même les mesures basales de prévention.

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Normalisation

Parallèlement à la montée internationale du concept de harm reduction, apparût au Pays-Bas l’idée de normalisation dans la politique en matière de drogues. Elle trouvait ses origines dans une étude influente, commandée par le gouvernement et paru en 1983. Les deux auteurs, Janssen et Swierstra, rejetaient trois options de base pour une politique intégrale de l’héroïne : le traitement obligatoire, la distribution régulée d’héroïne, et sa légalisation. En revanche, ils suggérèrent une quatrième option : l’intégration graduelle culturelle de la consommation d’héroïne. (Il faut savoir qu’à ce moment-là la consommation d’héroïne commençait déjà à être surpassée par celle de cocaïne et de crack.)

En tout cas, Janssen et Swierstra proposaient la « normalisation du rôle social de l’usager d’héroïne dans son environnement direct » et cela devrait se faire par la « normalisation de la distribution de substances alternatives par la décentralisation vers des postes de quartier à petite échelle ». Cette double approche aiderait à « neutraliser les effets du monde illégal de l’héroïne ». Au fond, la normalisation visait donc aussi bien la consommation d’héroïne que la politique en matière de cette drogue ; en somme, si l’on voulait réduire les coûts sociaux de la consommation d’héroïne, il faudrait envisager la mise en place d’une politique des drogues normale (comme pour l’alcool ou le tabac), qui ne regarderait pas les consommateurs de drogues illicites comme des criminels ou des déviants, mais comme des gens normaux.

A la base de l’approche de Janssen et Swierstra semblait donc se trouver l’idée que, bien que la consommation de certaines substances puisse être considérée comme « différente », cela ne devrait pas mener à un traitement social différent de celui de la population en général. Dans ce sens, plusieurs groupes d’intérêt sur le terrain des drogues illicites saluaient la signification émancipatoire du nouveau concept – comme c’était le cas au sein du Rotterdamse Junkiebond (RJB – Ligue des junkies de Rotterdam ; dans plusieurs communes les organisations de consommateurs de drogues illicites portaient le mont junkie en point d’honneur). Dorénavant il serait possible d’être différents dans la consommation de drogues et le style de vie, et en même temps d’être acceptés en tant que citoyens normaux.

Au même moment pourtant, pour d’autres il était clair que « normalisation » avait une signification négative, surtout dans le contexte de la politique en matière de sida. Un billet paru en 1987 dans l’« hebdomadaire d’action » Bluf ! à Amsterdam en témoigne. (Le texte qui suit est un peu absurde, en premier lieu parce qu’il est la traduction française d’une traduction en anglais que j’ai faite il y a très longtemps d’un texte en néerlandais, qu’aujourd’hui je ne possède plus.) Cela s’intitule La vengeance des Incas et débute par mentionner l’extermination des indiens sud-américains, non par les troupes de Pizzaro, mais par le fait qu’ils n’avaient pas de résistance contre les maladies que ceux-ci apportaient avec eux. La suite :

Nous sommes les sauvages modernes. Nous sommes la vengeance des Incas. Cent porteurs du sida suffiront pour des millions de gens … Oui ! voici un vrai anti-impérialisme ! Nous viendrons à piller votre or : votre santé ! Nous ruinons votre paradis fiscal ! Le sida n’est pas un virus – il est votre mauvaise conscience ! Le sida n’est pas une maladie, il est un destin – votre destin !

Puis, en référence aux évacuations violentes de divers grands immeubles squattés à Amsterdam :

Nous allons évacuer le monde occidental, nous fermons la civilisation intégrale ! Nous sommes déjà au-delà du risque, dès maintenant, c’est vous le groupe à risque ! … Votre angoisse de la mort nous fait grimacer. … Il n’y a que ceux qui ne craignent pas la mort, qui sont invulnérables. Il n’y a que ceux qui n’ont plus besoin d’un système de défense, qui peuvent passer par tout système de défense ! Et demain, c’est à vous !

Le texte continue dans le même style de desperado romantique (avec plein de points d’exclamation !) jusqu’à cette apothéose :

Pendant des années notre lutte a été dirigée contre le but de cette campagne internationale du sida : contre la normalisation, contre la résolution de problèmes médicaux et sociaux par leur liquidation ! … Nous avons toujours été séropositifs envers le système … Nos actions sont pleines de plaisir et elles sont mortelles ! Nous déclarons publiquement que nous pouvons atteindre notre but par le renversement bénéfique de tout ordre social existant jusqu’aujourd’hui ! Nous n’avons rien à perdre sauf notre santé ! Nous avons un monde à gagner ! Nous sommes les derniers des Incas !

SEROPOSITIFS DE TOUT LES PAYS – UNISSEZ-VOUS !

(Il ne reste que – le silence.)

Le sida en tant que tactique

Après la débâcle de l’expérience pilote d’échange de seringues dans le poste du Rotterdamse Junkiebond, la ligue menait en été 1986 un série de « discussions stratégiques » avec des membres d’organisations solidaires. La politique du sida jouait un rôle important dans ces séances. On constatait trois dangers importants qu’elle contenait pour les consommateurs de substances illicites. Tout d’abord il y avait la stigmatisation de consommateurs de drogues en tant que « groupe à risque » en matière de sida ; puis il y avait la consolidation du pouvoir des instances socio-médicales en matière de drogues, entre autres par le fait qu’il fallait y être enregistré comme client pour avoir accès à de la méthadone ou des pièces stériles ; enfin, on connaissait des cas états-uniens et allemands de criminalisation de séropositifs ou de malades du sida.

De l’autre côté, il était important pour les organisations de consommateurs que la prévention et le conseil en matière du sida soient au moins partiellement une responsabilité des consommateurs mêmes. Ils savaient aussi que ceci était conforme à la politique officielle gouvernementale et que plusieurs instances publiques étaient censées leur offrir des subventions pour améliorer leurs  capacités d’entraide et de distribution d’infos. En ce sens, le sida devint tout d’un coup une sorte de moyen tactique pour forcer les instances officielles à prendre au sérieux les consommateurs de substances illicites. La stratégie des junkiebonden était donc essentiellement négative ou défensive ; elle ne visait pas en première instance la démarcation de terrains à administrer. Néanmoins, on pouvait poursuivre cette stratégie défensive par des moyens ou des tactiques offensives, en premier lieu en  affirmant sa propre expertise unique en la matière et en réclamant les moyens de la traduire en actions.

Dans une des séances, quelqu’un disait : « Le sida est un bon thème, parce qu’il nous permet de marquer des points et il peut nous aider à parvenir à une position de pouvoir. » Ou encore : « Si aujourd’hui la Fédération néerlandaise des junkiebonden (FNJB) ne vaut pas vraiment grand-chose envers les autorités, il faudrait peut-être l’aider à valoir quelque chose par le biais du sida. » Dans cette période la politique du sida semblait un moyen tactique intéressant pour le RJB, aussi bien en externe (en prouvant son indispensabilité) qu’en interne (pour une restructuration des activités de la ligue). Et tout cela dans le but stratégique d’une nouvelle politique des drogues – qui d’ailleurs était en général formulée en termes de normalisation. Comme quelqu’un l’exprima dans une des discussions : « Les consommateurs de drogues devraient être acceptés intégralement, mais toute consommation de drogues, y compris celle d’alcool par exemple, devrait être modérée. » On était d’accord sur la nécessité d’une politique en matière de drogues, vu la « dangerosité » de la consommation de certaines substances, mais un telle politique devrait surtout élargir la base sociale pour une acceptation de la consommation de drogues et des consommateurs.

Concrètement, le RJB et ses partenaires avaient quelques plans et revendications. Comme une partie des consommateurs s’injectent leurs drogues, assez de pièces stériles (seringues, aiguilles, etc.) devraient être disponibles ; les instances de santé  municipales auraient un rôle primordial à jouer là. Toutes les instances municipales devraient en autre être convaincues de la nécessité de collaborer avec les organisations de consommateurs en matière de prévention. Les autorités devraient laisser tranquilles les endroits d’échange de seringues. Toutes les organisations devraient supporter le rôle officiel de la Fédération, afin qu’elle reçoive des subventions à distribuer entre les organisations et ligues locales. Et enfin, pour le groupe le plus vulnérable et le plus précaire d’entre les toxicomanes, ceux et celles qui gagnaient leur vie dans la prostitution de rue, la disposition médicale d’héroïne devrait être envisagée.

Mauvais pari

A première vue, et si l’on ne considère que les « livres blancs », les commissions et les conférences, il pourrait paraître que les tactiques de normalisation aient partiellement emporté du succès. En effet, pas trop longtemps après la constatation officielle que la prévention du sida chez les consommateurs de drogues devrait être une affaire des consommateurs eux-mêmes, leurs organisations furent acceptées comme interlocuteurs et conseillers (pas toujours avec beaucoup d’enthousiasme) par diverses instances et autorités.

En réalité, en tout cas en ce qui concerne le Rotterdamse Junkiebond, un important facteur dans le fiasco final des stratégies et tactiques était que la ligue et ses partenaires n’étaient pas à la hauteur pour jouer le rôle qu’elles s’étaient réservé. L’organisation n’était pas capable de gérer les conséquences de la nouvelle politique des drogues et du sida qu’elle avait elle-même partiellement développée. Plus de ressources et une grandissante acceptation de la consommation de drogues menaient simplement à plus de consommation personnelle par les membres de la ligue et une augmentation des problèmes de toxicomanie. Le vide que laissait le RJB fut rapidement occupé par diverses (nouvelles) instances professionnelles, qui elles aussi avaient découvert les énormes chances d’expansion qu’offrait l’argent du sida.

Le RJB peut avoir pensé à une normalisation par l’égalité dans la différence, ce qui s’est produit finalement est une normalisation par la suppression de différence. Rien nada vengeance des Incas. Même pas d’acceptation politique de la consommation de drogues ou des usagers (bien que l’acceptation sociale, en tout cas d’autres drogues que l’héroïne, ne semble pas causer trop de problèmes au début du 21ème siècle).

One Reply to “Une autre pandémie”

  1. Avec cette statue à Cayenne, la Guyane reconnaissante honore Victor Schoelcher, l’homme qui en 1848, d’un geste large et magnanime, a aboli l’esclavage de cet homme noir ému.

    A Martinique, on semble moins reconnaissant. En mai 2020 des manifestants ont fait tomber deux statues de ce même Victor Schoelcher.
    Mediapart note:

    « Le 22 mai 1848, les esclaves qui s’étaient rebellés contre les colons arrachaient leur liberté en Martinique au terme de plusieurs jours de violentes émeutes. Des faits qui intervenaient moins d’un mois après la signature, à Paris, le 27 avril, du décret d’abolition de l’esclavage, porté notamment par Victor Schoelcher.
    Après l’abolition, Victor Schoelcher devient député de la Martinique. Son nom est donné à la bibliothèque de Fort-de-France puis, en 1889 à la toute nouvelle ville de Case Navire. Des hommages qui, pour certains, empêchent la reconnaissance des héros locaux de l’abolition, comme l’esclave Romain.
    Les manifestants demandent d’ailleurs que la bibliothèque et la ville qui portent le nom de Shoelcher soient renommées au profit d’acteurs locaux de l’abolition de l’esclavage et de l’émancipation des Noirs. »

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